Lundi 24 août 2009
       Après avoir été libéré de ma geôle et avoir rejoint un backpacker en centre ville pour faciliter mon transfert vers l'aéroport, me voici à rentrer dans l'Hexagone. Ces derniers temps il fait 10 degrés en ville et je me ballade sous un temps ensoleillé en sweat shirt. A mon retour en France, ça m'a manqué quand, sous les 35 degrés d'Ile de France à 22 heures je tirais la langue.  

       Au moment où je sors du backpacker pour prendre le bus pour l'aéroport un magnifique lever de soleil illumine le ciel. Le vol jusqu'à Singapour se passe sans problèmes. Je dors toujours aussi peu. Je suis cette fois-ci côté couloir, et je peux donc me balader librement sans déranger. J'ai passé du temps à observer par le hublot, et la majorité du trajet fut au dessus de l'Australie. On regardait mais il n'y a rien à voir. On ne voyait que des paysages désertiques. On plaisantait en disant aux autres passagers : « Ne regardez pas il n'y a rien à voir ! ». Ce fut quand même drôle de voir en plein désert un virage sur la route. Un moment sympathique aussi fut le moment où nous avons vu la fin de l'Australie. 

        A l'arrivée à Singapour on sent là la chaleur humide et étouffante qui entre dès la sortie de l'avion. Cette fois-ci je sais ce que c'est et je suis moins surpris que la première fois, mais quand même je sens la différence. Arrivé aux environs de 17 heures 30 à Singapour, je dois attendre 23 heures 30 pour repartir dans l'avion pour Paris. C'est heure locale évidemment, mais ça fait déjà un moment que je suis perdu dans les fuseaux horaires. Je n'ai quand même pas passé 22 heures à essayer de m'y retrouver ! 
Me voici donc parti à visiter la ville. Enfin visiter est un bien grand mot. Il s'agit surtout de marcher en ville, sentir l'atmosphère, voir un peu à quoi ça ressemble et revenir. Le bureau d'informations touristiques me confirme que j'ai le temps de me balader. Il existe différents moyens de se rendre en ville : bus, tramway, taxi ou train. J'ai pris le train qui est le plus rapide et permet malgré tout de voir du pays. Et mon bagage au fait !? Je vous rassure il est automatiquement transféré vers l'autre avion. 

         Me voici dans le train. Un passage au bureau de change et chaque dollars Néo Zélandais est échangé contre 98 centimes de Dollars Singapourien. Le train tout comme l'aéroport est très propre. J'avais déjà remarqué lors de ma venue en Nouvelle Zélande. Le train (enfin métro plutôt) circule sur un réseau de 4 lignes. Le plan est donc très simple et clair, surtout si je compare à celui de Paris. Je suis aux heures de pointe et il y a du monde. La première impression est qu'on se sent en sécurité, et sans stress ou agitation. La chaleur reste étouffante. Au travers des vitres les paysages sont très verts et on voit des tours côtoyer des maisons et des résidences. 

           Environ 30 minutes plus tard me voici arrivé au centre ville. Le ciel est gris et la pluie semble imminente. Au bureau d'informations touristiques une zone m'a été conseillée pour découvrir la ville. Tout comme Zeus avait l'éclair, le touriste a le plan de ville comme attribut. Doté du « précieux » me voici parti pour la découverte. Je commence donc à marcher dans la rue et environ 500 mètres plus loin un homme sort d'un hôtel et commence à discuter. Habillé d'une chemise blanche et d'un pantalon de costume, l'homme de type indien marche à mes côtés et nous engageons la conversation et il commence à me faire découvrir le quartier. 
Quand je lui dis que je suis de France, il me dit : 
« Ah Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Marseille, ... ».
 «Tu connais la France ? » lui demandais je. 
« Non je suis juste le championnat de football ! » me répond il. 

            Il commence alors à me parler du Grand Prix de Formule 1 qui va bientôt avoir lieu en ville. Nous passons d'ailleurs parfois devant des structures qui vont servir. On voit au loin le centre ville avec ses grandes tours. Nous passons devant le Raffles Hotel, un des hôtels de luxe de la ville. Il m'explique que beaucoup de choses sont ici moins chères qu'en Europe. De nombreux hommes d'affaires ou touristes profitent de leur passage dans cette ancienne ville de Malaisie pour se faire tailler un costume sur mesure. La technologie est aussi un peu moins chère. Les produits qui sortent au Japon arrivent ensuite en général à Singapour puis dans le reste du monde, m'explique -t- il. Il me confirme que les rues sont propres et sûres. Nous continuons au milieu des tours, dont certaines avec des formes pointues et des arrêtes affûtées. Une d'elles est d'ailleurs surnommée le diamant. Juste derrière nous il y a une grande tour à l'architecture plus élaborée et travaillée. Prévue au départ pour être un hôtel de luxe, elle finit par être pour l'ambassade des Émirats Arabes Unis qui occupent la moitié du bâtiment. Il est environ 19 heures et nous nous dirigeons vers une ruelle de petits restaurants. Mon guide a déjà mangé à son travail et moi la faim n'est est même pas au début. De tout façon j'ai mangé dans l'avion précèdent et je mangerais dans le prochain. Au bout de la rue une mosquée dont la coupole ressort bien avec le ciel gris et nuageux. J'apprends d'ailleurs par mon guide que le Ramadan commence bientôt. 

           Nous continuons la visite par un parc, qui fut l'emplacement de la résidence de la famille royale de Singapour. Aujourd'hui il n'y a plus de roi et la résidence a disparu, mais une maquette reconstitue le bâtiment. Nous revenons vers l'ambassade des Émirats Arabes Unis et il m'explique que Singapour est très cosmopolite et que les communautés s'entendent très bien. Dans le quartier que nous traversons par exemple les gens ne boivent pas dans la rue ni en public puisque les musulmans font bientôt Ramadan et que la Moquée est à côté. Nous en profitons pour entrer dans la tour de l'ambassade. L'intérieur est luxueux. Je prends quelques photos quand un serveur du restaurant du rez de chaussée me dit que c'est interdit. Appréciez donc vu que les images publiées sont iinterdites. Nous faisons ensuite une halte au restaurant pour manger. Son frère nous rejoint entre temps. Il est d'ailleurs cuisinier non loin de là. 
Au cours du repas il m'explique que si une personne dort ivre sur une table, la police l'emmènera au poste, l'installera dans une pièce pour dormir et il pourra ressortir le lendemain sans avoir été inquiété par la police ou même agressé dans la rue. Un bel exemple de bienveillance. 

          Nous reprenons notre marche dans la ville, et après avoir traversé de nombreux souterrains, ruelles et bâtiments nous débouchons sur le fleuve de Singapour. Mon guide me montre plusieurs caméras de vidéo surveillance et me dit : « Ici tu as peu de risques de te faire attaquer, même en pleine nuit, c'est pourquoi on a toujours du monde dans les rues. A Londres, ils ont plein de caméras, comme ici, mais ils ont plus de risques de se faire attaquer ! ». 
Un concert de musique classique a lieu dans le bâtiment et nous arrivons à nouveau sur la chaleur extérieure. Là nous traversons un pont sur lequel une bonne douzaine de trépieds photographiques capturent un paysage assez joli. Sur notre droite, le pont reçoit déjà des installations pour le Grand Prix de Formule 1, alors que le trafic reste dense sur le pont. D'ailleurs là bas ils roulent aussi à gauche, donc il n'y a pas de bouleversement sur ce point. Sur notre gauche, un grand bassin face aux gradins qui a servi aux festivités des 40 ans de Singapour qui ont eu lieu récemment. Derrière nous le centre de congrès brille lui aussi de mille feux. Sous nos pieds, des bateaux organisent des visites sur le fleuve.  
En avançant sur le pont nous nous rapprochons de la façade du Fullerton Hotel, un hôtel 7 étoiles construit dans l'ancien bâtiment des Postes. Ne vous laissez pas impressionner par les étoiles parce que dans la galaxie hôtelière les astres affichés ne sont pas standards et un 7 étoiles quelque part peut être un 4 étoiles en France par exemple. Cela dit c'est un palace quand même qui se dresse sous nos yeux. 

          Nous descendons un escalier avant d'arriver au Merlion, une grande statue à tête de lion qui crache de l'eau. Le lion est d'ailleurs l'emblème de la ville. Cette place est un monument célèbre et de nombreux touristes sont présents autour. Derrière se dressent les tours du centre ville. Notre visite se termine au milieu de grandes tours au milieu desquelles on se sent petit. Cette ballade fut sympathique et m'a permis de sentir l'atmosphère de la ville. Je m'y sens bien et question sécurité, mon séjour fut trop court mais il n'y a là aucune angoisse sur ce point. La ville a beaucoup de végétation et c'est très agréable et un peu relaxant. Le côté cosmopolite est aussi très agréable surtout que la cohabitation entre les communautés se fait sans problèmes. 

          De retour à l'aéroport de Singapour, une heure avant l'embarquement pour l'avion en direction de Paris, un message sonore annonce « le problème est bientôt réglé, enfin les ingénieurs finissent les contrôles de sécurité ». En fait chacun comprend ce qu'il veut dans le message, selon qu'il est optimiste ou pessimiste. J'ai choisi un compromis en me disant qu'ils finissent surement de resserrer les boulons. Finalement nous sommes partis avec une heure de retard mais l'arrivée s'est faite avec 3 minutes d'avance. Cette fois ci j'ai regardé plus de films qu'à l'aller parce que j'en ai regardé 3 complets. Un d'eux (Billu Barber) m' a beaucoup plu et presque fait pleurer (c'est dire !). Pour ceux qui comprennent l'anglais je le recommande (voire ceux qui comprennent l'hindi qui sait!). 

            Ce billet se termine tout comme le vol et il a la particularité d'avoir été écrit depuis la France. Le blog se clôt ainsi comme il a commencé, c'est à dire avec un article écrit depuis l'Hexagone. La principale difficulté à mon retour en France fut de se réhabituer à parler en français mais surtout (j'ai encore le problème quelques semaine après le retour) la circulation à droite. Je regarde comme en Nouvelle Zélande pour traverser la rue. Pendant une année je me suis persuadé que c'était l'opposé de l'Europe alors c'est dur à quitter. La chaleur estivale européenne est dure à supporter. 

Je tiens à vous remercier pour votre intérêt pour ce blog auquel j'ai d'ailleurs pris du plaisir. 




Singapour
Par siger
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Jeudi 6 août 2009
       Eh oui après mon retour de Wanaka me voici dans une cellule de prison. Peut être la barbe ? Qui sait ? Je n'ai même pas eu d'avocat kiwi lors de mon procès (au passage imaginez le mélange avocat kiwi!). Me voici incarcéré pour 2 nuits. 
Il est d'ailleurs temps pour moi de passer aux aveux et de tout vous dire. Je dirais toute la vérité, rien que la vérité. 
En fait lorsque j'étais sur l'île du Nord j'avais vu qu'il existe à Napier une ancienne prison transformée en backpacker. J'avais envie d'y aller mais vu que j'étais arrivé tard en ville j'ai choisi une auberge en centre ville. Récemment lorsque j'étais à Queenstown j'ai découvert sur une brochure qu'il existe la même chose à Christchurch. J'ai donc décidé d'essayer ce lieu insolite. Une fois arrivé au square (place de la cathédrale, place centrale de la ville) me voici parti pour 25 minutes de marches jusqu'à ma geôle. L'auberge est un peu éloignée du centre ville mais je n'ai pas particulièrement besoin d'être en centre ville. Marcher n'est pas un problème. L'auberge est intéressante pour ceux qui prennent le train, vu qu'elle à quelque minutes de la gare. Les tarifs pour la nuit sont d'ailleurs intéressants.

        Arrivé là bas le bâtiment est de petite taille. J'apprendrais par la suite qu'il s'agissait d'une prison qui a fonctionné pendant 130 ans et a fermée en 1999. Ce fut une prison de transfert de prisonniers. Les détenus y séjournaient au maximum un an avant d'être transférés vers une prison plus grande. Arrivé là bas je dis tout de suite à la réceptionniste que je suis innocent. Alors que je lui tend le voucher de réservation je rencontre alors un Canadien que j'ai rencontré à Queenstown récemment. La première question est évidemment : « Qu'as tu fait pour te retrouver en prison ? ». La plaisanterie aura aussi lieu avec les autres détenus, enfin voyageurs pardon. La réceptionniste m'invite alors à la suivre vers ma chambre. Elle pousse deux portes vitrées et me voilà dans l'établissement pénitentiaire pour touristes récalcitrants. 

       Il y a deux niveaux. La prison a dans l'ensemble été gardée le plus proche possible de son état et sa configuration d'origine. Tout a été repeint et les travaux de peinture continuent. Chambre 34 lit 1 me voici ! Il y a là 4 lits. Une télé dans la chambre (je ne sais pas si elle fonctionne) une lampe au plafond, et un interrupteur au dessus d'un des lits, pas franchement pratique à atteindre d'ailleurs. Une fois mon sac posé, je pars à l'exploration du lieu. La porte est d'origine et assez épaisse. Comme le dit la brochure : « le lieu est le plus sûr qu'il soit ». On n'en doute pas. D'ailleurs la question qui me vient est que se passe -t-il pour celui qui ne paye pas ? Risque -t-il la prison ? Cela dit ne rions pas il reste encore les cellules de confinement ! Les toilettes ont été repeints (sauf un endroit en cours) et un tôle a été ajoutée sur les murs pour protéger. C'est simple mais ça suffit. Je précise que les douches sont individuelles et qu'il n'y a pas à s'inquiéter en cas de chute de savon. Dans la chambre une serviette est d'ailleurs fournie, on se croirait dans un quartier VIP. 

           Alors que je continue de déambuler dans la prison avec mon appareil et à photographier tout ça, je réfléchis à cette idée que je trouve géniale. Il faut dire que pour quelqu'un qui travaille dans le patrimoine c'est là une idée originale et intéressante. D'un point de vue touristique ça l'est tout autant. Si la prison avait été transformée en musée, l'entrée aurait sûrement coûté entre 5 et 10 dollars. Sachant qu'elle est loin du centre ville et que visiter une prison n'aurait peut être pas intéressé tout le monde. La réceptionniste m'a dit également que ça aurait pu rappeler de mauvais souvenirs à certaines personnes. Là un backpacker rapporte entre 20 et 30 dollars par nuit, voire plus pour les chambres double et individuelles et c'est occupé tout l'année. Il faut ajouter à ça les recettes de l'internet, des ventes de boissons, des réservations de voyages, et de la laverie. Ils ont également crée des produits dérivés (T shirts et sweat shirts) et ça se vend sûrement plus facilement que dans un musée. L'idée de dormir dans une prison est sûrement plus vendeuse qu'une visite de musée sur la prison. En discutant avec d'autres détenus on a tous plaisanté en racontant à nos proches notre séjour pénitentiaire. Ce backpacker est aussi un bon moyen de faire survivre un site historique, tout en conservant son usage d'origine. Faire un logement dans un lieu destiné à accueillir des détenus c'est une continuité. Le meilleur moyen de protéger le patrimoine est de ne pas le laisser à l'abandon et sans vie. Les gens ont malgré tout un minimum d'intérêt pour cette ancienne prison d'Addington (nom du quartier NDLR). 

            Le livret d'information posé sur le lit à l'arrivée explique le règlement et « comment s'évader de prison » en présentant les services alentours. Il précise aussi que « une fois réhabilités et la peine purgée nous pouvons passer voir les gardiens et faire une réservation ». 

           Bien que j'ai oublié ma nourriture à Wanaka, je passe faire un tour dans la cuisine. Il s'agit peut être de la salle utilisée à l'époque. Là il y a un frigo commun comme dans chaque auberge et chacun a sa caisse pour y stocker ses vivres. Un détail fait très « pénitentiaire ». Chaque prisonnier a sa référence. Il est écrit par exemple la mienne « Chambre 34 Lit 1 ». C'est un peu mon matricule. Sur le frigo commun il est écrit « Ici emplacement réservé au personnel (condamnés à vie) ». Au dessus de l'évier c'est écrit « Lavez votre vaisselle, ou alors c'est le confinement solitaire ! »
Au moment où je sors un quadragénaire parle à sa femme au téléphone et il lui dit fièrement qu'il est en prison. Au moment où il raccroche je souris et lui dis « ne faites pas le malin il paraît qu'ils ont remplacé ça par la peine de mort. »
Ma visite continue et je monte à l'étage. J'entame l'escalier et sur ma droite il y a les cellules de confinement. Cinq mètres carrés c'est bien le maximum du lieu. Le Canadien me montrera le lendemain qu'il y a une trappe en bois et en dessous la même surface, mais sans fenêtre et avec une hauteur de 2 mètres. L'étage du haut avait une fenêtre et 3 mètres de haut. Il descend par la petite échelle en bois et me dit : « ça sent le mort là dedans ». Le lieu est d'ailleurs très sombre. 
Je continue l'escalier et j'arrive à la salle cinéma, située aussi dans une ancienne cellule. Un grand écran permet de voir des DVD prêtés par la réception. En haut un billard permet de se divertir et offre une vue sur tout le bâtiment. Je redescend et je remarque que les tables du salon sont en fait d'ancienne portes, enfin plutôt des grilles parce que ce ne sont que des barreaux. Une plaque de verre a été posée là dessus, quatre pieds soudés à l'ensemble et voici une table de salon. 

           La chambre numéro 1 regroupe des objets d'origine et ça fait froid dans le dos tout ça. En discutant avec la réceptionniste elle me dit que les toilettes ont été élevés des chambres pour des raisons d'hygiène. Les cellules communes avaient des toilettes dans la chambre alors que les individuelles n'en avaient pas. C'était les toilettes sur le palier. Elle me dit « Regardez demain au premier étage une cellule a été laissée dans l'état d'origine et il y a même des dessins de détenus ».

           Vers 22 heures la plupart des lumières sont éteintes et seules quelques veilleuses restent. L'atmosphère change soudainement. Moi qui mange tard ça arrive de finir le repas avec moins de lumière. D'ailleurs le repas est public si on peut dire vu que la salle à manger est au milieu du bâtiment. Le premier étage comme le rez de chaussée voient ce que je mange. D'ailleurs ici je n'ai vu personne rentrer ivre. Il faut dire que le rez de chaussée comme le premier étage le voient vu la forme rectangulaire du bâtiment. Et puis les bruits résonnent. 

          Tout est public et peut se savoir. L'ambiance change d'ailleurs encore plus vers minuit et j'en profite alors pour faire d'autres photos. Comme dit précédemment seules quelques lumières persistent et c'est déjà le premier élément angoissant. Ensuite on entend les pas qui résonnent dans le bâtiment. Un bruit de douche résonne aussi. Parfois un bruit de clés dans une serrure surgit. Ou alors des fois une porte qui se ferme et un « clong » retentit puis se propage jusqu'au plafond. On ne peut pas le louper. C'est assez effrayant et on e croirait dans un film voire même pire, dans une vraie prison en fonctionnement. Avec un peu d'imagination l'effet est amplifié. 

           Au final la nuit se passera bien. De la lumière entre dans la chambre vu que la porte a une ouverture avec des barreaux, le tout recouvert ultérieurement par une plaque de verre opaque. Le backpacker, comme tout prison, est confortable et avec de bonnes conditions de vie. Qui en aurait douté ?

           Le lendemain je passe voir cette fameuse cellule. Elle fait un peu plus du quart de ma chambre et il y a là deux lits d'un mètre de large. Ils sont faits de bois et de lattes. Une fenêtre de barreaux, couvertes aujourd'hui par un plaque de verre. Il y a au mur des dessins et inscriptions faits par les détenus. Il est écrit par exemple « Les armes ne tuent pas, les hommes oui » ou encore « Un des derniers détenus de Addington.21/11/99 ». D'ailleurs je remarque en retournant à ma chambre que certaines portes ont remplacé le large œilleton destinés à surveiller les prisonniers par un miroir. L'effet reste là envoyant ce genre de choses sur la porte.

         Après mes deux nuits j'ai prolongé ma joyeuse peine en reprenant 4 nuits. J'ai d'ailleurs eu droit au tarif hiver. J'ai payé trois nuits (au prix d'hiver de 22 dollars) au lieu de 4. Ce serait donc ça la fameuse clémence de la justice ? Là la récidive est pourtant flagrante !




Jailhouse Accomodation
Par siger
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Mercredi 5 août 2009
       Après Te Anau et les fiords je suis repassé par Queenstown une nuit pour aller ensuite sur Wanaka. Là encore j'y étais passé en février avec les parents et j'avais trouvé le coin joli et je comptais y repasser plus tard. Wanaka est présentée comme la petite sœur de Queenstown mais en plus petite et moins commerciale. Vers 11 heures me voici arrivé à Wanaka, où le ciel est nuageux mais dessine des motifs superbes. Les nuages forment parfois des motifs particuliers, comme par exemple des vagues. Pour ceux qui connaissent ça ressemble un peu au logo de la marque Quicksilver.
 
         Je m'installe dans un backpacker réputé pour sa qualité. Il est situé non loin de la ville mais malgré tout à 10 minutes de marche. Cela dit il offre une vue superbe sur la ville et le lac. Je suis installé dans une chambre avec des personnes qui travaillent dans les stations de ski alentours. D'ailleurs dans cette auberge de nombreuses personnes travaillent dans les stations de ski. Parfois ça n'était pas facile quand les autres occupants de la chambre se lèvent à 7 heures du matin et allument pour certains la lumière en grand. Après il y a aussi un souci que j'ai déjà rencontré depuis le début de l'hiver c'est celui qui met le chauffage à fond et pour qui même 30 degrés dans la chambre ne suffisent pas. Évidemment il n'ouvre jamais la fenêtre pour aérer au risque de faire entrer du froid. 

        Lors de mon installation j'ai la surprise de retrouver un français que j'avais rencontré à Christchurch. Il venait ici pour skier et il m'a ainsi raconté son expérience et décrit le ski en Nouvelle Zélande. Pour tout vous avouer le ski m'aurait bien tenté mais je pensais que ça serait moins cher et je n'ai finalement pas testé, malgré les possibilités alléchantes. Il m'explique qu'ici contrairement à sa région alpine, il y a moins de monde dans les stations, mais que par contre le niveau des skieurs est plus élevé. Il explique aussi que les hors-pistes sont listés, alors qu'en Europe ils ne sont pas plus autorisés mais ne sont pas présentés. Une autre différence que j'ai constaté en me baladant en ville et que je trouve très bien est qu'il est possible de louer un pantalon de ski et une veste, pour un tarif correct. Ce service permet à la personne qui débute d'essayer sans avoir à acheter une tenue qui servira peu. 

        Le lendemain la météo me permet de faire l'activité qui constitue la seconde raison pour laquelle je suis venu à Wanaka : le Skydive (prononcer “skaï-d'ail-ve”) ou chute libre. Depuis un moment ça me tentait mais le prix me faisait hésiter et j'ai préféré attendre la fin de mon séjour pour juger des finances et le faire. Cette activité coûte quand même moitié moins cher qu'en Europe. L'activité se pratique un peu partout et si Wanaka est un des lieux les plus chers il est aussi un des plus beaux avec une vue magnifique sur les Alpes du Sud.

         Il est 10 heures 30 et le bus passe me chercher pour m'emmener 10 kilomètres plus loin à l'aéroport de Wanaka. Au cours du trajet une vidéo me présente le déroulement du vol et du saut et les consignes à suivre (position à adopter, ...). Une décharge est aussi signée (vous savez , comme quoi si le câble du parachute craque on ne me connait pas, ... !!! ... enfin presque !). Une fois arrivé là bas je finis le paiement. J'ai en fait réservé au I-site et j'ai payé d'abord 10% puis si la météo était confirmée le jour même à 10 heures je payais le reste à l'opérateur. Une fois payé, j'enfile la combinaison, je choisis ma formule pour les photos et le film,je suis pesé et me voici sous le hangar pour partir. Au passage j'apprends que j'ai encore pris deux kilos ce qui élève le bilan à 6 kilos supplémentaires depuis septembre 2008 où je suis parti de France. Bonne ou mauvaise nouvelle ? Les deux mon capitaine : je pensais que les vendanges m'en auraient fait prendre plus. Pour en revenir au un hangar sous lequel je suis ils y repréparent les parachutes pour le prochain saut. C'est aussi là que débute le film. Moteur on tourne ! 

         Petite parenthèse au sujet du film et des tarifs. La chute libre coûte 290 dollars et le pack photos et film 180 (ce qui fait à peu près 145 et 90 euros). J'ai trouvé au départ que les photos étaient chères mais au final le tarif est justifié puisque le pack que j'ai choisi consiste à avoir une personne qui saute en même temps que moi et le moniteur, nous filme et prend les photos. L'autre pack est consiste en un film avec une caméra posée sur le poignet du moniteur. J'ai pris les images parce que en plus du souvenir on y voit aussi une vue aérienne et inédite sur les Alpes du Sud et le lac Wanaka. Comme je dis depuis le début même si le photographe cadre mal et que je ne suis pas dessus il y aura au moins les paysages. J'ai d'ailleurs mis la vidéo sur le blog mais j'ai dû la comprimer fortement pour pouvoir la mettre entièrement sur le site et la qualité s'en ressent. 

         Après une petite interview d'avant saut nous voici à attendre les deux autres et nous embarquons ensuite dans l'avion. En attendant je discute avec le photographe et j'inspecte son matériel. Il accroche l'appareil photo sur le haut du casque et le caméscope il le placera sur le coté du casque. Certains prennent les photos avec une télécommande reliée à leur main. Lui il a choisi une télécommande qu'il utilise avec la bouche. En clair si le froid le fait greloter il sature la carte mémoire de l'appareil en quelques secondes. 

         Nous rentrons les premiers dans l'avion. Deux bancs attendent les tandems. Enfin deux bancs, ce sont deux poutres métalliques sur lesquelles nous nous mettons à cheval. C'est pas un siège d'A380 de la Singapour Airlines mais on fait simple et c'est très bien. Le moniteur entre donc en arrière et je me positionne devant. Ça facilite le moment où nous serons attachés l'un à l'autre pour le grand saut. Les deux autres tandems arrivent. Un se positionne à ma droite, puis devant moi un photographe se place et le mien est derrière moi à droite. La porte vitrée qui ferme l'avion se referme et l'avion s'élance sur la piste de décollage. L'avion est assez étroit et il fait quelque chose comme 2 ou 3 mètres de large sur peut être 10 de long. J'ai été surpris parce que je n'ai même pas senti ce moment magique où on sent qu'on a quitté le sol. L'avion s'élève petit à petit en suivant une trajectoire un peu en spirale. Nous sauterons au dessus de l'aéroport, ce qui simplifie l'atterrissage. Sauter au dessus du lac aurait été le top mais l'atterrissage est impossible, surtout en plein hiver où l'eau doit être bien froide. 

       Nous montons et au fur et à mesure le monde devient petit. La vue devient de mieux en mieux. Le ciel est bleu avec quelques nuages mais malgré tout le soleil reluit et la visibilité est très bonne. On aperçoit à droite le lac Hawea (prononcer « Ah-Oué-ah ») et à gauche le lac Wanaka. Les Alpes du Sud entourant tout ce beau monde. On voit les sommets enneigés et les ombres des nuages au sol. Le photographe me prend en photo alors que je suis béat devant tout ça. Au cours de la montée le moniteur me montre son altimètre. Il y a au départ deux altitudes possibles et le prix grandit selon la hauteur. Il y a au choix 12 000 ou 15 000 pieds (en pointure 43 s'il vous plaît). J'ai choisi 15 000 pieds ce qui équivaut à environ 5 000 mètres. Après quelques pieds de plus dans cette montée à grands pas, le moniteur me demande de passer un instant sur ses genoux pour qu'il m'attache à lui. La montée se poursuit au milieu de ces paysages qui me font rêver, quand dans mon dos, un homme cagoulé comme un terroriste corse et, avec sur les yeux un masque grand comme des Ray Ban présidentielles me murmure au creux de l'oreille et même pas en français ! Il me rappelle en fait les consignes de sécurité et me demande d'enfiler les gants et le masque. Avec le bruit de l'avion j'ai compris un mot sur 6 mais ça devait être les mots les plus importants du texte. 

         15 000 pieds, l'aiguille est précise. Nous avançons comme deux siamois reliés par leur harnais au bord de l'avion. J'ai en tête quelques histoires de personnes qui pendent sur le rebord de l'avion pendant que le moniteur est derrière. Ça va être l'occasion de vérifier tout ça. Le photographe passe avant nous vu qu'il filme. Il faut bien qu'il s'occupe de ce moment où il faut sourire avant le saut (un moment que j'ai déjà eu au Canyonswing et au saut à l'élastique). Il y a en fait un marchepied sur lequel le photographe se tient et il s'agrippe aussi à la porte et d'un coup de dent sur la télécommande il prend la photo. Le moment de la sortie de l'avion s'est faite assez rapidement qu'on n'a même pas le temps de regarder en bas ni même d'y penser qu'on est déjà hors de l'avion. On peut dire que la sortie s'est faite en coup de vent si je peux me permettre ce jeu de mot. La position à prendre pour sauter est les mains sur le harnais (au niveau de la poitrine) et les jambes en arrière et la tête sur l'épaule droite du moniteur. 

           La chute commence assez rapidement et la vue est superbe. J'en crie. Un mot international qu'on traduirait en français par « Waouuh ». D'ailleurs le cri a duré pendant un moment, peut être même toute la chute libre. La vue est superbe et les 200 Km/h qu'on atteint aussi. Le moniteur m'a fait signe de lâcher le harnais et je pouvais sortir les bars. Il se sont alors dépliés tout seuls comme des ailes. Le photographe est devant moi, à ma hauteur et il me demande de sourire. Là aussi c'est comme les bras Ça se déplie tout seul. Disons que le sourire prend des air aristocratiques et il devient alors un mélange entre un salut d'Elizabeth II à Buckingham Palace et la montée des marches à Cannes. Oui ça fait un peu mimique de bronze mais en même temps la vitesse tire sur les joues et me donne des airs de sexagénaire liftée. On tourne sur nous mêmes et les horizons s'étendent face à nous, à nos pieds. On a dompté cette utopie où la terre rejoint le ciel. On devine là bas derrière les monts Queenstown, ...  

            D'un coup le moniteur ouvre le parachute et je vois le photographe descendre en flèche en direction du sol. Il n'a pas loupé sa poignée de parachute, il est simplement resté plus longtemps en chute libre pour atteindre le sol plus vite et prendre les photos de l'atterrissage. S'il reste trop longtemps en chute libre il passe alors dans la spéléologie et c'est un autre domaine. Nous parachutons donc au dessus des paysages toujours aussi superbes. Là ça va moins vite et malgré les liens proches qui nous unissent on s'entend mieux. On parle alors. C'est que son bureau est joli. Son boulot est de sauter devant des paysages magnifiques. Il m'annonce alors qu'il va alors desserrer les liens. A croire que mes compliments sur son lieu de travail ne lui ont pas plu ! Là ça n'est plus la chute libre donc c'est possible de desserrer et être plus à l'aise. C'est peut être là le moment le plus effrayant du saut. Il faudrait pas trop desserrer quand même, surtout si haut.

            A l'arrivée il faut lever les pieds (ça fera du bien à mes abdominaux) et on atterrit. Il faut éventuellement courir un peu selon qu'on arrive debout ou sur le derrière. Là le photographe demande mes impressions et le sourire se fait toujours aussi grand mais plus naturel. Une fois déséquipé, j'attends que les photos et le film soient gravés. A l'arrive le moniteur saisit un autre parachute et repart tout de suite. Le parachute qu'il vient d'utiliser est alors replié et rangé par l'équipe au sol. La sécurité est un point fort ici. Une dame du I-site m'a dit qu'ils ont eu une cheville foulée lors d'un atterrissage en 30 ans et ce fut le seul souci. Au final je suis content j'ai un film de 5 minutes et une centaine de photos. On y voit aussi bien les paysages que moi même. 
  
       Mon séjour à Wanaka c'était aussi la visite de Puzzling World. On y voit de nombreux hologrammes, illusions d'optique, expériences amusantes qui troublent les sens (Descartes avait raison on ne peut même pas se fier aux sens ! C'est n'importe quoi !). Il y a par exemple une salle à 15 degrés d'inclinaison où on croit que tout est de travers alors que c'est horizontal. On marche comme si on avait trop bu. Il y a aussi un mur d'hologrammes où quelque soit l'endroit où on se place Einstein, Mère Theresa, Abraham Lincoln, Théodore Roosevelt et Vincent Van Gogh nous regardent en permanence. A se demander qui est la véritable célébrité. 
La visite se termine par le labyrinthe. Il y a en tout 1,5 kilomètres de chemin mais en général les gens marchent entre 3 et 5 kilomètres. Il y a quatre tours de couleurs à atteindre dans un ordre précis. Le panneau précise à l'entrée qu'il existe des sorties de secours pour les personnes « à la patience limitée ». Des fois c'est vrai on croit devenir dingue, on teste alors sa patience. On voit les autres être pareil. Puis au final on s'en sort sans être plus fou qu'on ne l'est déjà. Le labyrinthe est un des premiers modernes et s'il ne se veut pas le plus difficile il se veut un des plus amusants avec ses escaliers, passerelles, ... En général j'ai la mémoire des endroits où je suis passé mais là on repasse au même endroit et on tourne en rond. Si seulement Ariane pouvait me donner un fil comme elle le fît lors de l'épisode du Minotaure. On connait bien l'endroit ça fait 4 fois qu'on passe devant donc tout endroit est familier. Puis on cherche une logique, quelque chose comme : « donc en prenant le chemin le moins direct et le plus détourné ... », mais il n'y a pas de logique. Des fois on trouve une trajectoire puis on arrive à un cul de sac. Faire le labyrinthe prend entre 30 minutes et une heure. C'est amusant. Des fois ça m'a vraiment rappelé la visite d'un site internet d'université ou encore la lecture d'un formulaire de Sécurité Sociale ! A faire aussi bien en famille que seul. A l'entrée du musée il y a aussi de nombreux casse tête à faire. 

              Le retour de Wanaka à Christchurch s'est fait en bus où nous avons traversé des paysages magnifiques. Le chauffeur commentait les lieux traversés. Les Lacs Tekapo et Twizel ont un bleu magnifique. Les nuages dessinent là encore des motifs sympa. Vers un de ces lacs on peut voir le Mont Cook, le plus haut sommet de Nouvelle Zélande. Encore une fois je l'ai loupé à cause des nuages. Je n'ai vraiment pas de chance ! Le chauffeur nous parle également de la station de Ohau et de la récente avalanche qui a enseveli un dameuse. Ce que le chauffeur n'a pas dit et que je savais c'est que cette avalanche fut déclenchée par le service des pistes pour la sécurité des skieurs mais elle fut mal contrôlée et a détruit quelques machines. 
Le second chauffeur a mis de la musique country à fond pendant les 3 heures du trajet. De toute façon à chaque fois que je veux écouter de la musique dans le bus soit mon baladeur a un souci soit il y a de la musique dans le bus. 




Wanaka


Skydive Wanaka


Puzzling World Wanaka


Par siger
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Dimanche 2 août 2009
        Le dimanche 26 juillet je suis allé visiter Milford Sound ou Piopiotahi en Maori. C'est le Sound le plus connu de Nouvelle Zélande et je ne pense pas me tromper en disant qu'aucun touriste ne l'a manqué dans son voyage. La météo est annoncée à éclaircies avec risque d'averses. Le lendemain c'est annoncé pareil mais le risque d'averses devient risque de pluie. J'ai donc réservé avant que ça change. De toute façon je n'ai pas d'autre choix que de faire confiance à la météo. 

           Le bus passe me chercher à 9 heures et demie. La route vers Milford Sound fait 120 kilomètres et elle même vaut le détour. Le bus est un modèle récent et franchement confortable. Il est en pente, c'est à dire que les rangées de sièges sont ascendantes et que chaque siège est plus haut que le précèdent pour permettre à tout le monde de voir devant. Les sièges sont également disposés en épis par rapport à l'allée centrale. Cette disposition permet à chaque passager du côté de l'allée de voir par la fenêtre. Les touristes japonais, nombreux à bord ont droit à un interprète qui leur traduit les commentaires en japonais après ceux en anglais. Le premier arrêt du bus fut en bord de route pour admirer les montagnes et pour une photo. Le lieu est joli mais le soleil est juste derrière les montagnes et offre un joli contre-jour pas terrible pour les photos. La photo reste correcte mais pour un arrêt photo il y a mieux. 

            Le bus continue sa route et nous faisons ensuite arrêt à Mirror Lakes, que l'ont pourrait traduire Lac Miroir ou plus exactement lac aux reflets (cette dernière traduction serait d'ailleurs plus juste). Nous avons entre 5 et 10 minutes pour suivre la passerelle de bois et admirer les reflets des montagnes dans ce lac aux reflets impeccables. Il y a déjà du monde sur le site et un bus de touristes est déjà garé là. C'est le dépotoir à touristes, enfin non le dépôt je veux dire ! Assez rapidement la meute de touristes lâchés du bus forme un mur, comme des footballeurs devant un but , pour se faire prendre en photo devant le lieu. Un simple panneau avec le paysage peint en arrière plan suffirait largement à ce genre d'images, tout en laissant à ceux qui apprécient plus le paysage que leur propre personne la place pour savourer le lieu. Le lieu est en effet très joli. D'ailleurs pour montrer le reflet un panneau a été placé dans l'eau, mais à l'envers. Il indique donc "Mirror Lakes" mais les lettres avec la base en haut. Le reflet réécrit donc le nom dans l'eau de façon claire. 

            Nous continuons cette magnifique route qui mène à Milford Sound, sous le soleil. Parfois le bus ralentit, ... Notre chauffeur commente au fur et à mesure les lieux traversés. Il nous parle par exemple des nombreux sentiers de randonnée du Fiordland. Il y a ici quelques unes des plus belles randonnées au monde. Un d'elle se termine d'ailleurs à Milford Sound. Elles peuvent se faire en indépendant (comme l'escargot, avec tout le nécessaire sur le dos mais sans obligation de sortir sous la pluie ni de baver !) ou en marche guidée (simplement avec un petit sac à transporter). Dans Fiordland les randonnées vont de 2 à 8 jours ou même 4, il y a de tout. 


        Le bus arrive alors entre des montagnes et il continue de monter, comme il le fait depuis un moment déjà. Nous arrivons dans une vallée encadrée par deux pentes abruptes enneigées, mais toujours couvertes d'une végétation verdoyante et luxuriante. C'est assez original de voir la neige recouvrir une végétation toujours aussi poussée. On se dit que ces plantes ne s'arrêtent jamais , même l'hiver. Ah ils sont costauds en Nouvelle Zélande ! Au fur et à mesure que nous montons la neige se fait plus intense et couvre toute la pente. Les montagnes s'élèvent un peu plus, comme nous le faisons aussi avec le bus. Nous nous arrêtons un peu plus loin. Sur notre gauche sont garés deux camions de salage pour maintenir la route dégagée. Là la neige forme toujours un tapis blanc et la végétation assez verte est toujours là. A la sortie du bus un Kea vient nous voir. Il se pose sur le rétroviseur du bus et rapidement un troupeau de touristes lui fait la cour tel le renard de La Fontaine, pour obtenir une photo. Majestueux l'oiseau passe ensuite sur le toit, toujours suivi par sa cour. Il y a là de belles photos dont je ne me suis pas privé non plus, mais à distance. Il pose sur le toit du bus. Alors que le monarque volant des Alpes du Sud est toujours poursuivi par sa foule de troubadours je tente de prendre des photos des paysages enneigés et de végétation typique de la côte Ouest. L'éclairage n'est pas facile et malgré mon envie de vous offrir un vert on voit plus la neige que les plantes. Voir ou ravir il faut choisir. J'ai fait de mon mieux. 
          Le chauffeur repart et nous conseille de laisser les appareils photos allumés. Il explique que nous allons passer le tunnel Homer, un souterrain construit il y au moins un siècle pou accéder au Sound. Celui-ci est situé dans une zone d'avalanches et il fut d'ailleurs bloqué il y a quatre jours. Quand je suis arrivé sur Te Anau j'avais peur de ne pas pouvoir le visiter. Il précise que le bus marque d'habitude l'arrêt ici pour voir l'entrée du tunnel, mais que nous l'avons fait avant car c'est interdit pour le moment à cause du risque d'avalanches. Il nous annonce qu'il y a aussi haut de neige que la hauteur du bus. Il doit sûrement avoir des origines marseillaises parce que ça n'était pas aussi haut et cette soit disant "hauteur impressionnante de neige" je l'avais déjà vue dans les Alpes françaises. Un peu exagéré sur ce coup-ci le commentaire mais bon comme on dit dans le tourisme nous sommes "vendeurs de rêve". A la sortie du tunnel le paysage est toujours le même et sur les côtés des panneaux annoncent "Ne pas s'arrêter ici risque d'avalanches". La route serpente au milieu de ces paysages enneigés et encore couverts de végétation à la base. Décidément la route est superbe. En dehors de celles faites lors des arrêts vous n'aurez malheureusement pas d'autres images vu que je ne prends pas de photos à bord d'un bus (ou alors c'est très rare). 

            L'arrêt suivant est en plein milieu de la forêt primitive au lieu dit du « chasm », à prononcer "Kazeum". Nous avons 15 minutes pour y aller. Le chemin serpente au milieu du bush et quelques instants plus tard nous voyons ainsi un torrent à fort débit couler avec force au milieu d'un étroit canyon rocheux. Le bus repart et une vingtaine de minutes plus tard nous voici à proximité de Milford Sound. Quand le dernier virage découvre le Sound, la première chose que nous voyons et que le guide commente est Mitre Peak. C'est le sommet le plus connu de Milford Sound, et comme nous dit le chauffeur c'est « la montagne la plus photographiée de l'île du Sud ». Quelques instants avant que le bus ne se gare les instructions sont données aux touristes haletants déjà devant le paysage. Il y a là plusieurs compagnies qui font visiter le Sound (au moins 6) et différents types de croisières proposées (même si je pense que tout le monde voit la même chose). C'est comme à l'aéroport "Porte 6, sur votre droite Monsieur !" me dit on. Je suis et j'arrive alors au bateau. 

           J'ai choisi le plus petit pour ne pas être gêné par la foule. Certains paysages me rendent en effet photophile compulsif à tendance agoraphobe, mais rien de grave je vous rassure ! J'ai déjà la chance d'être en hiver et donc moins gêné par les autres touristes. Le bateau est malgré tout plus grand que celui de Doubtful Sound. Il y a ici trois étages (Celui de Doubtful en avait deux et une plateforme en haut). L'arrière est en revanche moins dégagée qu'à Doubtful Sound et de manière générale il est moins pratique pour les photos. Celui ci a aussi deux mats pour sortir les voiles à l'occasion, bien que propulsé par un moteur. Il propose aussi (comme à Doubtful) des cabines couchettes pour les croisières de nuit. Le bateau part au milieu de ces magnifiques paysages. La route m'a creusé et je vais alors prendre mon déjeuner que je récupère cette fois-ci à bord. Autant dire que ici c'est plus touristique. Le bar vend toutes sortes de boissons, des T shirts, des souvenirs, ... 
Les touristes sont aussi plus excités et plus nombreux que sur le bateau de Doubtful Sound. Il faut dire, que la croisière de Doubtful est plus chère. A Doubtful il y avait une trentaine de personnes et c'était surement le maximum. De toute façon il n'y a là bas qu'un car pour passer du Lac Manapouri au Sound. Ici les gens viennent de partout par bus, voiture et même avion. Ici la trentaine est plutôt le minimum. Là encore les gens viennent se planter comme des piquets contre la barrière pour faire immortaliser sur carte mémoire un sourire figé. 

          Le Sound est plus étroit et un peu plus haut que celui de Doubtful Sound. Dans l'ensemble il est aussi plus court. Les enfants ont donc plus vite accès à la mère, enfin non à la mer. Durant la croisière le temps fut une météo de la côte Ouest. Le ciel fut gris mais finalement nous n'avons pas eu de pluie, ou alors juste quelques gouttes. D'ailleurs tout le monde vous le dira, sur la côte Ouest il n'y a jamais vraiment de pluie c'est toujours quelques gouttes ! D'ailleurs Milford Sound est un site touristique intéressant pour le pays. Déjà par le nombre de touristes qu'il attire mais aussi par le fait que ce Sound est joli à voir quelque soit la saison et la météo. Si il m'avait été conseillé de visiter Doubtful Sound par temps correct, Milford est tout aussi joli sous une forte pluie parce que des chutes d'eau et des cascades dévalent alors les pentes du fiord et le recouvrent. 
 Pendant cet instant météo nous voici justement arrivés à une cascade. Mais attention lecteur, ici ça n'est pas de la petite cascade faite à la main et qui descend quelques mètres de cailloux. Là c'est de la cascade de compétition, qui atteint au moins la centaine de mètres et parfois la dépasse. Le débit d'eau est quasi industriel et d'ailleurs elle est bruyante. Le bateau s'approche au plus près des chutes d'eau, c'est à dire quelques mètres. S'il le pouvait j'aimerais bien qu'il s'approche plus près pour rincer les masses qui stagnantes à l'avant qui se penchent sur la barrière pour être au plus près de l'eau au moment de la photo. L'intelligence du photographe est parfois inverse au niveau technologique de l'appareil. Vue du bas la cascade est impressionnante et on a vraiment l'impression que l'eau va nous tomber dessus. Si certains vous disent que c'est pas grave, rappelez vous qu'il faut suffisamment de gravité pour créer un tel rideau d'eau. 

             Alors que la bateau repart dans le fiord, d'autres bateaux pointent le bout de leur poupe et donnent ainsi une échelle sur les photos. C'est l'avantage d'être dans un lieu plus fréquenté. Une photo d'un humain sur un bateau ne rend pas tellement compte de la taille du fiord. Enfin disons que prendre un bateau en photo dans le fiord montre encore mieux la petitesse de l'être humain, d'autant plus que les bateaux ne sont pas des petits modèles. Dans un backpacker où je suis allé par la suite, une personne m'a raconté qu'un jour le paquebot Queen Elizabeth II était entré dans le Sound et même ce mastodonte paraissait petit. Même si j'essaye de le signaler sur les photos, regardez bien et le petit point blanc que vous pourriez voir est peut être un gros bateau de touristes au milieu de cet énorme masse rocheuse qui nous entoure. Ce moment me fait penser que certaines entreprises proposent toute l'année (mais encore plus l'été) des visites en kayak dans Milford Sound. Là ça doit paraître encore plus énorme et surtout au ras de l'eau au pied des chutes d'eau Ça doit être fantastique ! Le guide nous annonce d'ailleurs en fin de visite que l'eau est à 8-9 degrés. Ça refroidit pour le kayak !

             Nous arrivons alors à la mer de Tasman, qui si nous continuons dans la même direction devrait nous faire arriver en Tasmanie, en Australie. D'ailleurs une fois arrivés à la mer nous avons traversé le Sound. C'est pas si grand en terme de longueur mais les parois sont très hautes. Le bateau fait demi-tour et le guide nous demande de garder les appareils photos prêts (ah c'est obéissant un touriste) pour prendre en photo la vue prochaine. Nous allons en effet voir le même paysage qu'il y a plusieurs siècles quand le fiord de Milford Sound fut découvert. Le nom de Milford vient d'ailleurs d'un nom local du pays d'où venait le découvreur. D'ailleurs je viens de repenser que j'ai oublié de vous donner l'origine du nom de Doubtful Sound dans l'article précedent. Doubtful signifie douteux et le nom fut donné par le capitaine Cook qui le jugea trop risqué pour y ancrer son navire. 

          Nous arrivons ensuite à une colonie d'otaries. Celles-ci sont sur les rochers à flemmarder. Une d'elles se déplace alors pour aller vers une autre et l'attaquer. Ah c'est pas possible elles ne peuvent pas s'empêcher de s'embêter. Nous continuons alors à naviguer sur cette eau d'un bleu assez particulier. Les nuages recouvrent toujours certains sommets. 
Nous arrivons alors à une cascade, sûrement une des plus connues vu qu'on la retrouve sur presque toutes les brochures. Si mes souvenirs sont bons elle fait 150 mètres de haut. J'avais déjà vu 130 mètres à Arthur's Pass mais là c'est le record ! 
Le guide nous explique qu'une légende Maori raconte que tout femme aspergée par l'eau de cette chute rajeunit de 10 ans. Il ponctue son commentaire d'un : « toutes les femmes à l'avant ! ». Une femme déjà présente la veille à Doubtful me dit : « ah je sens déjà différence ! ». J'ai d'ailleurs rencontré sur le bateau des gens de la visite de la veille. 
La verdure est toujours aussi présente autour. Le débit reste toujours aussi fort et impressionnant. Des gerbes permanentes tombent fortement sur l'eau. Autant dire que j'ai le mouchoir à la main pour essuyer l'objectif bien que je me sois reculé sur le bateau. Malgré cette brise qui vient de la cascade je suis surpris de ne pas avoir vu d'arc en ciel. Alors que je tourne la tête à gauche pour admirer l'eau frapper violemment la mer, je vois que des éclairs lumineux rayonnent depuis l'impact. Sûrement des reflets, mais c'est de toute beauté (prononcer bôôté , en accentuant sur le o comme le font les défavorisés du 16° arrondissement de Paris) ! Nous croisons de nouveau des otaries. Elles gardent toujours aussi activement les rochers. Le guide nous dit qu'elles sont comme les jeunes Néo Zélandais. 

             Notre visite se termine environ une vingtaine de minutes plus tard. Notre bus repart vers Te Anau puis ensuite Queenstown son lieu de départ. Le chauffeur annonce que ceux de l'autre bateau ont vu les dauphins. Il fait un arrêt à l'aéroport de Milford Sound où certains passagers font le retour sur Queenstown par avion. Ça doit être magnifique par avion, surtout après le bateau. Le retour se fera entre un baisser et un lever de paupières. 
Je vous avoue que j'ai préféré Doubtful Sound, moins fréquenté, plus calme et plus grand. Malgré tout Milford est très joli avec ses parois plus abruptes et plus hautes. Les deux sont complémentaires et Milford Sound permet d'avoir une échelle et une idée de la taille du lieu en voyant les autres bateaux. L'avantage d'avoir la possibilité de visiter les deux Sounds est de pouvoir comparer et voir une plus grande partie de cette région des fiords. 
Le lendemain le temps fut pluvieux et donc consacré à l'écriture des articles en retard. Malgré tout en fin d'après-midi je suis allé voir un film de 30 minutes sur la région des fiords. Le film montre une vue depuis un hélicoptère des Fiords, des montagnes, la vie sauvage, ... Les images sont magnifiques et montrent même des fiords fermés au public. En fait pour 9 dollars j'ai eu une vue depuis l'hélicoptère alors que les vols en avion ou hélicoptère au dessus des fiords coûtent près de 1 000 dollars (environ 500 €). Quelle affaire !

Là encore les conditions de lumière m'ont obligé à corriger certaines images pour les rendre lisibles. Aucun trucage n'a été fait que des corrections sur les couleurs, la luminosité et le contraste. Sur certaines je signalerais dans la légende qu'il y a un bateau à voir sur l'image pour constater la différence de taille avec le fiord. 




Milford Sound
Par siger
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Mardi 28 juillet 2009
Le titre de cet article est un jeu de mot entre deux expressions. Prononcer ce titre « Ouèt aine scie ». Deux forumles se prononcent de cette façon : « Wait and see » qui veut dire attends et vois, ou « Wet and Sea » qui veut dire humide et mer. Cette dernière formule que j'ai utilisé pour le titre résumerait bien une des visites que j'ai fait. 

        Le samedi le temps annoncé est éclaircies, mais bon en hiver il ne faut pas non plus attendre du soleil éclatant. J'ai un peu de temps donc je peux attendre ,mais pas trop non plus. Comme disent les impatients : « On veut bien apprendre la patience, mais vite ! ». 
 Me voici donc à 8 heures et demie le samedi 26 juillet 2009 à attendre devant la réception de Te Anau Lakeview Holiday Park (mon camping NDLR) en Nouvelle Zélande. Le bus va bientôt passer me chercher pour m'emmener à Doubtful Sound (prononcer « Deubt-foule saounde ») ou Patea en Maori. C'est un deux seuls Sounds qui se visitent à Fiordland et il est le moins connu. Il est celui où la visite est la plus longue. Il fut d'ailleurs celui que tous les kiwis m'ont conseillé de visiter. Vu que je peux, je compte visiter les deux Sounds du Fiordland. 

     Deux précisions qui furent apportés dès le début de la croisière, et avant que vous n'embarquiez avec moi pour le récit je vous en fait part. Les Fiords sont appelés Sounds mais ce sont bien des fiords. J'avais commencé à en parler lors de ma visite des Marlborough Sounds, le terme de Sound désigne une ancienne vallée fluviale inondée, alors que le terme de fiord désigne un ancien glacier qui lors de sa fonte a creusé une les flancs pour former une vallée immergée aux flancs abruptes et taillés par l'eau. 
Ensuite il faut savoir que cette région où nous sommes vit de l'agriculture et ensuite du tourisme, mais reste un lieu protégé. Les Fiords font partie du Parc National du Fiordland, le plus grand parc National du pays, et une grande partie de la région est aussi inscrite au Patrimoine Mondial de l'Humanité. 

        La journée débute au Lac Manapouri, où le mini-bus nous conduit. C'est le troisième lac le plus grand de Nouvelle Zélande (le premier étant Taupo sur l'île du Nord et le troisième est le lac Te Anau). Là bas nous échangeons notre ticket contre une carte d'embarquement et recevons le déjeuner, pour ceux qui comme moi l'ont commandé. Dix heures le bateau part. Nous traversons ainsi le Lac Manapouri sur un petit bateau avec une plateforme d'observation au dessus de la cabine principale pour observer les montagnes coiffées de nuages et éclairées par les rayons matinaux du soleil. 

         Le groupe est constitué d'une trentaine de personnes. C'est mieux parce que ça évite de se gêner et ça rend la visite plus agréable. Ça s'explique par la taille limitée du bateau et aussi par le fait que la visite est plus chère que l'autre Sound. Environ 50 minutes plus tard nous voici à la fin du Lac Manapouri. Jusque là je suis resté sur la plateforme du bateau à prendre des photos sans gêner ni être gêné par les autres. De toute façon ça reste comme pour le train. Je pense aux autres mais quand je trouve une bonne place je la garde, sans pour autant oublier de regarder autour si je vois des angles sympa. 

        Au débarquement du bateau nous avons sur notre droite la centrale électrique de Manapouri, que nous visiterons en fin de journée. Un léger brouillard recouvre l'eau et donne un effet sympa. Nous débarquons au centre du visiteur où un Kea nous accueille. Tel une star hollywoodienne il pavane sous les appareils photos des touristes émerveillés. Là encore il ne faut pas nourrir cet animal sauvage. Une dizaine de minutes plus tard nous embarquons à bord du bus qui nous emmène à Doubtful Sound. Le trajet se fait donc en trois étapes : la traversée du Lac Manapouri en bateau, puis un trajet en bus et enfin la visite en bateau du Sound. Le chauffeur se présente et nous informe qu'il fera les commentaires à bord du bus et qu'il seront pour la plupart vrai. Il explique que la route que nous prenons est le seul moyen d'accès et qu'il n'y a aucun moyen d'y accéder qu'en prenant le bateau pris précédemment. Le carburant du bus est amené par barge. Nous faisons un premier arrêt sur la route pour admirer la vallée. C'est sauvage et il y a de la forêt primaire partout. Ça repart et au passage le chauffeur montre des cascades d'une hauteur impressionnante un peu plus haut que notre chemin. Cascade se dit en anglais « waterfalls » (prononcer ouateur folse) ce qui signifie « chutes d'eau ». Falls et false se prononcent pareil et le premier veut dire « chute » et le second veut dire « faux ». J'en profite donc pour dire à la dame âgée assise à côté de moi : « Pas la peine de les prendre en photo ce sont des fausses ils ont dit false ! ». Je commence déjà à raconter n'importe quoi ça promet ! 
Le chauffeur continue les commentaires et explique que la route que nous prenons fut au départ construite pour la construction de la centrale électrique. Plusieurs solutions furent imaginées pour supporter les éléments lourds et massifs qui la composent. Finalement les pièces furent apportées par voie maritime puis par de puissants véhicules par la route de gravier que nous empruntons. Cette route appartient au gouvernement Néo Zélandais qui dépense d'importantes sommes chaque année pour l'entretenir, et chaque entreprise ou personne qui souhaite l'emprunter doit payer un droit de passage. 

         Notre arrêt suivant est un point de vue surplombant Doubtful Sound. Là les cris d'exclamation sortent : Magnifique ! Wonderful ! Vunderbar ! Magnifico ! Mama mia ! ... On ne voit pas le Sound en entier puisque celui ci va jusqu'à la mer, mais il paraît déjà énorme. Le ciel est gris mais la vue est superbe malgré tout, apportant au passage un côté un peu brumeux et féerique. Le chauffeur continue les commentaires alors que nous entamons la descente abrupte vers le Sound. Il nous dit : « Nous vérifions les freins du bus une fois par an et le contrôle est prévu pour demain! ». Il passe à nouveau devant de magnifiques cascades. Elle sont un peu moins hautes que les autres mais comme disent les informaticiens c'est du haut débit ! Nous embarquons à bord du bateau. Il est de taille moyenne et a 3 étages. Deux de cabines et une plateforme d'observation en haut. Il est aussi possible d'aller à l'avant et la vue arrière est dégagée. Autant dire qu'il est assez grand pour se balader en permanence dessus pendant toute la journée et trouver le bon angle pour les photos. C'est ce que j'ai fait tout l'après-midi. Je n'ai pas arrêté de bouger. Sur la journée j'ai pris 453 photos, mais le tri fut sévère et je n'en ai gardé que 154. Je précise quand même que toutes ces images ne sont pas dues seulement à l'inspiration que le lieu me procure, mais aussi au fait que pour éviter les bougés, ou pour tester différents angles ou réglages je prends plusieurs fois la même chose en photo. Il y a à bord le pilote et une autre personne qui tient le bar. Les deux font les commentaires. Il y a a aussi du thé et café à volonté (enfin tant qu'il y en a sur le bateau), comme nous avions également sur le premier bateau. D'ailleurs l'espace pour préparer le thé comporte lui aussi une surface vitrée pour ne pas rater une miette du paysage. Bien pensé !

         Alors que le bateau part du port où quelques bateaux de pêche sont là aussi. La première impression au milieu de ce fiord est qu'on se sent petit. Cette impression n'est pas nouvelle depuis que je suis en Nouvelle Zélande mais là elle est à son paroxysme. Les flancs du fiord sont très hauts et le fiord et assez large, notamment quand on s'approche de la mer. Quelque soient nos idées religieuses, politiques ou philosophiques on réalise que l'homme est petit face à tout ça. Ce paysage est énorme et quand on y ajoute le fait que le village de Te Anau est situé sur la faille sismique qui traverse la Nouvelle Zélande on se dit que tout peut s'effondrer sur nous en peu de temps. On se dit aussi que malgré le prix prohibitif, un vol au dessus des fiords doit être une sacrée expérience et une sacrée vue. 

       Sur les flancs, des cascades tombent de haut. Le bateau est le seul du fiord vu qu'il n'y a qu'une seule compagnie qui opère ici. Le brouillard donne un côté irréel et donne un côté infini aux paysages. On voit un premier flanc, puis un autre plus clair derrière ... un peu de neige coiffe parfois l'arrière plan. J'étais occupé avec tous ces paysages et les photos qu'il m'inspirait j'ai malgré tout pris un déjeuner. Le déjeuner acheté lors de la réservation était correct. Il n'avait aucune étoile chez le guide Michelin mais il n'était pas pour autant un des astres, enfin un désastre. Le repas pris le regard toujours rivé sur les paysages devant lesquels je restais ébahi depuis le début. Alors que le bateau continue son long périple nous admirons un arc en ciel assez visible avec pour arrière plan les flancs abruptes du Sound. A l'arrivée vers la mer, nous nous arrêtons vers un rocher où des otaries sont allongées et flemmardent là.

       Nous sommes alors à la jonction entre la mer et le fiord. Ça y est nous avons atteint la mer de Tasman. J'en profite alors pour demander si nous sommes au point le plus à l'ouest du pays. Un des membres d'équipage me répond alors que le point le plus à l'Ouest est Dusky Sound (prononcer Deuski) situé plus au Sud. D'ailleurs lecteur, je dois t'avouer qu'en Nouvelle Zélande j'ai visité tous les points cardinaux excepté le Nord. J'ai visité le point le plus à l'Est avec Gisborne (bien que je ne sois pas allé au Cap Est le point effectivement le plus à l'Est), je suis allé au Sud avec Stewart Island et là à l'Ouest. Seul le Cap Nord que je n'ai pas fait. 

       Au cours de la visite le capitaine stoppe le bateau au milieu du fiord et arrête les moteurs. Un silence assourdissant envahit alors l'embarcation. Seuls les bruits d'éventuels touristes qui descendent les marches se font entendre. Pas un bruit, le vide. Un silence royal. Ça rappelle quelques moments en montagne. On se rend compte qu'on est au milieu de nulle part. A contempler ces parois vertigineuses par un tel silence on se sent petit et terriblement seul. En même temps quel calme ! Ça ne dure que quelques minutes mais c'est un moment à vivre. Vu que nous sommes la seule embarcation dans le fiord on était vraiment seul. 
Une vingtaine de minutes plus tard le capitaine annonce dans les hauts parleurs qu'il a vu un dauphin sur la gauche. Il ralentit et fait demi-tour, alors que tous les touristes ont le doigt sur le déclencheur prêts à jouer les Lucky Luke de la photographie et capturer l'instant plus vite que leur ombre. Le mammifère ne sort pas. Quelques instants plus tôt alors que nous nous dirigions vers la mer nous avions vu des petits pingouins. L'instant fut bref mais on les a vu dépasser. 
J'ai d'ailleurs été amusé de voir dans les toilettes qu'il y avait un haut parleur qui diffuse les commentaires. Même si on appelle ça le trône et que le client est roi, il y a danger dans le cas où un animal serait aperçu à proximité du bateau. Le touriste fou à l'idée de voir un dauphin pour la première fois de sa vie risquerait de sortir, le pantalon en bas des jambes, au risque de trébucher sur le pont. 

         La visite se termine un peu avant 15 heures et une fois à bord du car le chauffeur reprend les commentaires. Il nous annonce que la route reprend vers Manapouri et que chacun peut se joindre à lui pour dormir. Le car repart ainsi sous les rires. Le bus fait une dernière escale à la centrale hydro-électrique de Manapouri. Le bus continue son ascension et s'arrête une dizaine de minutes plus tard devant un portail. Il va décrocher un téléphone sur un mur. Une personne derrière moi lance : « Il prévient sa femme qu'il sera en retard à dîner ». Le téléphone lui sert en fait à se faire ouvrir le portail. L'autocar entame alors un descente dans un tunnel entièrement creusé dans la roche au cœur de la montagne. Le souterrain tourne sur la gauche. Il finit face à une grande porte métallique qui fait tout le diamètre du tunnel. Le chauffeur exécute alors une magnifique manœuvre pour faire demi-tour que tout le monde a d'ailleurs applaudi. Le bus remonte alors un peu. Il nous explique que nous avons fait un tour complet vu que le tunnel tournait sur la gauche. Une fois sortis du bus nous longeons la roche et arrivons à un escalier qui nous mène directement au cœur de la centrale. 

     Là une guide nous accueille et nous pénétrons sur une petite plateforme vitrée qu surplombe la salle des machines. Le bruit y est suffisamment contenu pour entendre les explications. A première vue on se croirait dans un film de James Bond. Les turbines qui produisent le courant y sont alignées. Cette centrale alimente en courant la ville de Invercargill. Elle utilise la force de l'eau du Lac Manapouri pour produire du courant et la fait ensuite ressortir au niveau de la mer dans Doubtful Sound, vers le port d'où nous sommes partis. Des panneaux expliquent la construction et toutes ses péripéties : projet de rehaussement du niveau du Lac qui fut refusé par la population vu que nous sommes en plein parc national, difficultés pour amener les pièces de la centrale, ouvrier morts lors de la construction, ... Nous repartons finalement vers le Lac Manapouri puis vers Te Anau avec le Kea qui vient nous dire au revoir et le coucher de soleil en prime. Tout ça pour un prix de 230 dollars Néo Zélandais, alors qu'en été ça m'aurait coûté 280 dollars. En euros, ça fait 115 euros au lieu de 140 pour une excursion depuis 9 heures au camping jusqu'à 17 heures 30 au même camping, avec plus de trois heures dans le Sound. Le ciel gris donne finalement de belles images et des paysages différents. Une grande expérience! 

          Si j'ai ce jour là battu mon record de photos en une journée je crois que je ne dois pas être loin de l'article le plus long. Les conditions de lumière m'ont obligé à déroger à la règle, j'ai donc corrigé certains images pour les rendre plus lisibles. Aucun trucage ou montage n'a été effectué, mais juste des réglages sur le contraste et la luminosité. Sachez aussi que si certaines images semblent en noir et blanc elles ont bien été prises en couleurs mais la météo était en noir et blanc. 



Doubtful Sound
Par siger
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Mardi 28 juillet 2009
         Après Fox Glacier je continuais vers le Sud. Sur la côte Ouest il n'y a qu'une ligne de bus et un seul trajet, donc je dois passer par Queenstown pour aller à Te Anau (prononcer 'Ti Anao » en anglais ou « Té Anao » en Maori). Ce fut donc l'occasion de revoir Queenstown en hiver; J'avais déjà apprécié le paysage en été mais en hiver ça doit être joli. Le trajet en bus de Fox à Queenstown se fera sous le soleil. Je découvrirais la côte Ouest sous un angle rare. Ça me confirme dans l'idée que la côte Ouest est jolie ... entre deux averses. Même en hiver les paysages restent vert et la végétation luxuriante. Nous traversons le parc du Mont Aspiring (Mont Aspiring National Park). Les paysages montagneux sont magnifiques. Nous passons notamment les portes de Haast. Ça me rappelle Février dernier quand les moustiques dévoraient les touristes dont nous faisions partie à chaque arrêt. Lors d'un arrêt pour prendre de nouveaux passagers et faire une pause « vidange de vessies » le chauffeur explique qu'il y avait la semaine précédente près de 4 mètres de neige sur cette route et qu'il a été bloqué pour faire le trajet. Il raconte aussi que dans ce parc national fréquenté par les randonneurs une jeune femme est recherchée depuis 6 mois. Il lâche d'un ton naturel et décontracté : « Oh à l'heure qu'il est elle doit être morte ! ». 

          Nous arrivons après 7 heures de trajet à Queenstown. La ville est toujours aussi remplie et fréquentée, vu qu'en ce moment c'est la saison de ski dans les Remarkables, la chaîne de montagnes la plus proche. Une particularité de la Nouvelle Zélande est qu'ils pratiquent l'héliski, c'est à dire se faire déposer par un hélicoptère à un sommet et redescendre en ski. Cette activité est encore interdite en France. De toute façon comme je l'avais dit en Février cette ville est fréquentée toute l'année. Après avoir constaté le lendemain, que les paysages de cet endroit sont toujours aussi jolis, même en hiver et que la ville grouille toujours autant de touristes je repars pour Te Anau et la région des Fiords, appelée Fiordland. Le bus part sous une pluie battante et arrivera là bas sous une pluie battante. Pour donner une idée (et je crois corriger une erreur donnée en février à propos des précipitations de la côte Ouest) de ce qui tombe chaque année il faut savoir que la côte Est (Christchurch par exemple) reçoit 60 centimètres par an, la côte Ouest (Fox Glacier par exemple) en reçoit environ 1 mètre et la région des Fiords (Te Anau et le Sud Ouest de l'île du Sud) en reçoit 1 mètre 20. Les fiords ont tendance à stopper les vents et pluies qui viennent de la mer de Tasman et l'Australie entre autre. Ce qui veut dire que les fiords eux mêmes peuvent recevoir plus que Te Anau ! Il faut savoir aussi que la côte Ouest a environ 200 jours de précipitations par an, ce qui veut dire que durant les 165 autre jours il faut en profiter et jouir de chaque rayon de soleil. La région où j'arrive est d'ailleurs très verte, un bon indicateur. 

          J'arrive vers 17 heures dans un camping. « Ben oui quoi ? En juillet c'est le camping non ? Bon ok là c'est juillet avec 5 degrés (ou de force on n'a pas le choix de la température). J'ai eu l'été dernier en camping (durant la cueillette des cerises) et je passe l'été français en camping aussi. Cela dit le logement est moins cher et c'est moins peuplé. La région des fiords je ne l'ai pas encore visitée mais je souhaitais la faire en hiver. J'y ai trouvé quelques bonnes raisons et je fus par la suite confirmé dans ce choix. 
La première est qu'il n'y a pas la foule de touristes. Une fois les masses touristiques enlevées ça fait déjà moins pesant. Je dis ça parce que Te Anau est un village de 1500 habitants, mais qui en accueille 10 000 l'été, selon une source locale. Le camping où je suis peut déjà accueillir 1 000 personnes alors que là si nous sommes 20 c'est le grand maximum. 
La seconde est que l'humidité attire aussi les moustiques. En hiver le moustique est comme le touriste, il a froid. J'ai été piqué par un seul moustique c'est dire. Mon répulsif à insectes ramené des Fidji n'a donc pas servi. 
Le troisième avantage est que les prix des activités sont aussi moins chers hors saison. Moins de monde veut aussi dire moins gêné par les autres personnes et ils sont moins agités. 
En ce qui concerne les inconvénients il y a déjà les magasins qui sont pour bon nombre d'entre eux fermés. Ensuite le camping est bien et récent mais fait pour l'été. Il fait notamment froid dans la cuisine ou dans la douche. Le matériel pour cuisiner est d'ailleurs réduit au minimum. Enfin il en faut plus pour arriver à la fin de ma faim. 

         Le dernier inconvénient est aussi que l'hiver il fait encore moins souvent beau. Je passerais donc les deux jours suivant mon arrivée à me reposer, écrire les articles et lire vu qu'il a plu quasi en continu. J'ai un peu marché aussi lors des rares éclaircies. Le temps annoncé ne devait s'améliorer qu'après deux jours. Enfin ça ce sont les prévisions officielles parce que vous commencez à le savoir comme moi, la météo change très vite en Nouvelle Zélande et comme ils disent il est possible d'avoir les quatre saisons dans la même journée. Être météorologue en Nouvelle Zélande ne doit pas être facile vu l'instabilité du temps. D'ailleurs il ne pleut pas en Nouvelle Zélande c'est juste le soleil qui transpire. Chaque jour je vérifie le bulletin météo mais pour le vendredi le temps change sans cesse et de jour en jour les prévisions empirent. Je resterais donc pas trop loin du village au cas où. J'ai même trouvé une activité abritée. Formidable! 

          Je suis ainsi allé visiter les grottes de Te Anau. Elle contiennent des vers luisants. En plus ça tombe bien sur l'île du Nord je n'avais pas visité Waitomo, un site connu pour ses grottes à vers luisants. Le bateau traverse le lac Te Anau et offre ainsi une vue sur les montagnes alentours. De la neige recouvre les sommets. C'est aussi pour a que je voulais venir en hiver. Avec la neige pour coiffer les sommets c'est plus joli. Arrivé au centre pour visiteurs des grottes, nous avons droit à une présentation de la visite et sommes séparés en deux groupes. Nous entamons le chemin vers le sous-sol et petit à petit le plafond s'abaisse. Nous finissons par passer sous la roche à une hauteur de 90 centimètres. Quand, comme moi on mesure le double c'est dur! Nous continuons sur la passerelle avant d'arriver à une plateforme où la guide commence à gueuler son discours. Ça me rappelle mes cours de guidage où on nous explique que même si les paroles s'envolent et que les cris restent il faut articuler plutôt que de jouer les modernes avec le dernier cri. Je comprends la plupart de ce qu'elle dit mais ça demande un effort pour suivre. La roche fut entièrement creusée par l'eau. Un cours d'eau passe encore là et il est puissant. Je précise d'ailleurs tout de suite que vous n'aurez aucune photo de l'intérieur de la grotte vu que c'est interdit puisque le ver luisant est effrayé par la lumière. Pour les photos circulez y'a rien à voir allez hop ! Enfin non ne partez pas c'est pas fini !
Nous passons ensuite un lieu appelé la cathédrale vu que la roche est creusée plus profondément et forme ainsi un plafond plus haut avec une forme pyramidale comme une flèche de cathédrale. Nous continuons ensuite par une puissante cascade et arrivons au quai d'embarquement dans les canots. Nous démarrons et un silence est demandé. Là les vers luisent. Pas besoin de coup de brosse à reluire, c'est clair enfin s'éclaire. Ils sont regroupés entre eux mais restent distants les uns par rapport aux autres. Tout simplement parce que les vers sont capables de s'attaquer entre eux et se manger. Pire que des parlementaires en session. La tête levée au plafond on se croirait un soir d'été à regarder le ciel étoilé. Moi ça me rappelle aussi les paysages nocturnes des Marlborough Sounds quand je marchais de nuit. Reste que c'est très beau ! Au retour un thé nous est offert. 

          Durant les deux jours précédents j'ai aussi visité le long du lac le Wildlife centre. Ce parc mis en place par le Département de Conservation a pour but de soigner des animaux malades ou incapables de vivre dans la nature et de montrer au public des espèces rares. Comme beaucoup d'endroits en Nouvelle Zélande ce lieu est gratuit mais des urnes rappellent que des donations sont la bienvenue. On y voit ainsi des Kea et différents autres oiseaux. Il y a notamment le Takahe (prononcer « Takahé »). Cet oiseau fut redécouvert dans les années 1950 et est unique en Nouvelle Zélande, comme de nombreuses espèces dans ce pays. L'insularité du pays permet d'avoir de nombreuses espèces florales et animales uniques au monde. 


Queenstown en hiver


Te Anau
Par siger
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Mardi 28 juillet 2009
        Le lendemain je pars pour les glaciers et ma destination est Fox Glacier. J'y suis déjà passé en Février alors pourquoi donc y retourner me direz vous ? En Février le temps était nuageux et pluvieux et si couvert que je n'ai pas pu voir la célèbre image du Lac Matheson avec ses reflets des montagnes dans le lac. Ensuite j'ai entendu dire que la glace est plus bleu en hiver. Le conducteur du bus travaille au backpacker à Greymouth donc je suis sûr de ne pas louper le bus. 

         Au petit déjeuner la conversation porte toujours sur le séisme qui a secoué Christchurch le 14 Juillet. Les deux dames en face de moi dans le train me l'avaient annoncé. Le tremblement de terre était de 6 selon ces dames. Une d'elle racontait qu'elle a vu son verre glisser sur la table et tomber. Il a eu lieu vers 21 heures 30, mais dans le backpacker où j'étais à Christchurch il y avait une école d'environ 30 adolescents. Avec tant d'agitation dans une petite cuisine c'est dur de ressentir une secousse de tremblement de terre. Je me rappelle qu'au musée Te Papa à Wellington un panneaux expliquait qu'il y a environ 700 tremblements de terre chaque jour en Nouvelle Zélande mais souvent de faible ampleur. 
Il pleut toute la matinée, chose courante sur la côte Ouest. Cette côté a plus de 300 jours de précipitations par an. Christchurch sur la côte Est reçoit environ 60 centimètres de précipitations par an alors que la côte Ouest elles s'élèvent à un peu plus d'un mètre. Les vents depuis la mer de Tasman ont une influence sur le climat, et les nuages sont retenus par les Alpes du Sud qui s'étendent tout au long de la côte Ouest. 

         Une fois arrivé au backpacker il pleut encore et ça continuera comme ça toute l'après-midi et la nuit. En même temps c'est l'hiver en Nouvelle Zélande. Un livret de présentation du backpacker précise d'ailleurs : « S'il vous plaît la météo est affichée à la réception alors ne nous demandez pas et évitez de poser la question sur la probabilité d'une amélioration nous ne savons pas plus que vous. ». Le texte se terminait par un « Si vous vous ne faites que passer ici, rappelez vous que nous vivons ici toute l'année. Quand le soleil est là profitez en! ». Mon image du Lac Matheson je la voulais et je suis prêt à rester un moment pour l'avoir. Je me permets d'ailleurs de signaler au photophile paternel haletant dans l'attente de les voir qu'elles sont dans l'album mais qu'il serait prudent de ne pas baver sur le clavier pour éviter d'éventuels court-circuits. 

          Le lendemain le temps est nuageux et couvert mais quand même moins qu'en Février. Alors que je me dirige à pied vers le glacier je découvre un panneau qui annonce une marche d'une heure et demie aller retour. Je tente cette marche. Quelques gouttes tombent en cours de marche. Arrivé là haut c'est magnifique. La passerelle offre une vue surplombant le glacier. Le temps est nuageux et toujours couvert mais les gouttes ne tombent plus, ou alors disons que quand c'est le cas c'est devenu de l'eau sèche. La vue permet de voir le haut du glacier. En fait, je m'attendais à autre chose. Déjà le temps me déçoit, même si c'est normal en hiver et sur la côte Ouest. Ensuite je pensais voir un glacier plus enneigé et un glace plus bleu. Rien de tout cela! La végétation qui l'entoure est toujours aussi riche et luxuriante. La déception est surtout que le temps est presque exactement le même que l'été dernier, et la seule différence est que la température est plus basse. A la descente le lointain est toujours aussi couvert.

         Le lendemain alors que je commençais à envisager une prolongation du séjour à Fox Glacier, au réveil la lumière qui transperçait le rideau semblait intense. J'avais lu que le Lac Matheson était mieux à voir tôt le matin ou tard dans l'après-midi et donc j'avais mis le réveil plus tôt.. Le petit déjeuner approche et alors que j'ouvre la porte de la cuisine, une excitation semblable à celle d'un enfant devant ses cadeaux de Noël m'envahit en voyant le temps sans nuages ou autre coloris gris. Il y a même le soleil qui reluit. On croit rêver ! Un brouillard épais recouvre la vallée sur quelques mètres. Suffisamment pour voir le lointain et les arbres et ajouter quelque chose d'esthétique. Le petit déjeuner fut aussi complet que d'habitude mais l'esprit n' était pas là, j'étais déjà ailleurs. Mes doigts tremblaient déjà à l'idée d'effleurer et caresser le déclencheur devant la vue du Lac Matheson voire même les étendues glaciaires de Fox. 
 Le manteau et tous les autres accessoires hivernaux enfilés, me voici en direction de la vallée à foncer d'un pas rapide mais malgré tout prudent pour éviter de glisser sur le sol légèrement givré. Il est entre 8 heures et demie et 9 heures, je marche en regardant la lumière du soleil petit à petit s'étendre sur les glaciers comme un touriste avec sa serviette sur les plages Fidjiennes. Je vérifie rapidement en continuant ma marche, ... mon déclencheur à carte mémoire est là. C'est le principal. L'enjeu est de taille : il faut prendre le lac le plus photographié du pays et le remplacer par un cliché. Ce que la langue française appelle « prendre en photo ». La carte postale est courante en boutique et l'image est déclinée en tableaux, porte clés, .... Le lac est presque aussi connu que le glacier. Malgré tout l'esprit Do It Yourself (« Fais Le Toi Même ») est toujours là et le plaisir de faire soi même la photo est toujours aussi grand. 

           Je cherche à rejoindre le lac, distant du village de 6 à 10 kilomètres (je vous laisse choisir la distance je ne me souviens plus exactement), sans traîner mais malgré tout en prenant de faire des photos. Le temps est dégagé et il faut en profiter La lumière est correcte et le brouillard ajoute quelque chose d'irréel, peut être un voile de mystère. Mon appareil a beaucoup apprécié, et m'a confié avoir gardé une bonne image de la vue, même si parfois elle fut typique et pourrait être considérée comme un cliché. 

         A mon arrivée sur Matheson le brouillard est encore présent et parfois assez haut. Je met alors à espérer qu'il laissera la vue du lac dégagée. Ce brouillard tiendra quand même jusqu'à 11 heures du matin ! Un restaurant est là et une idée de photo me vient. Un fumeur (si si, il en reste encore!) m'offre là une image qui me plaît bien. Elle me rappelle une chanson de Noir Désir dont les paroles disent notamment « brouillard et fumée ». Après de nombreux clichés du brouillard je me dirige enfin vers le lac. Je prends le chemin vers le lac en sens inverse parce que c'est plus rapide pour accéder à la vue convoitée. Là les reflets des Alpes du Sud se déroulent sur les eaux calmes du lac. On y voit le Mont Tasman et le Mont Cook. Les arbres aux couleurs hivernales se reflètent eux aussi dans le lac. La dernière fois on ne voyait que les arbres. Un nuage forme un dôme au dessus des montagnes d'arrière plan, mais je l'excuserais la vue est déjà très belle. Les points d'arrêt sur le chemin portent des noms. Il y a ainsi la jetée nommée « Vue des vues » ou encore la passerelle « île aux vues ». Que des noms évocateurs. Face à ce paysage tant convoité j'ai pris toutes les précautions. Les deux batteries sont chargées et je les ai avec moi. J'ai trois cartes mémoires et je prends les images en double pour éviter tout bougé qui créerait une photo ratée. Je teste aussi tous les réglages possibles ou presque pour être sûr d'avoir la photo désirée. C'est quelque chose de créer soi même les futurs posters de sa chambre. 

         Il n'est que onze heures du matin et j'ai envie de profiter du temps. Un point de vue est situé un peu après sur la route. J'y marche alors en me disant que la lumière du soleil éclairera le glacier dans toute la longueur dans l'après-midi et que le point de vue trouvé la veille devrait être super. En plus de ça, le soleil est encore là et sans nuages alors il faut en profiter. Il y a à peu près 300 jours de précipitations par an sur la côte Ouest alors des jours comme ça on en profite. A mesure que la route m'éloigne du village de Fox la vue sur le glacier de Fox devient intéressante. Le monstre de glace se dévoile en se faisant rôtir sous les rayons du soleil. D'ailleurs depuis cette route on réalise alors qu'en Nouvelle Zélande les glaciers et les montagnes en général sont très proches de la mer. C'est particulier à la Nouvelle Zélande (avec peut être quelques pays en Amérique du Sud). Si cette proximité est plus évidente à Kaikoura (sur la côte Est), sur la côte Ouest, il est fou de penser que les glacier sont situés à moins de 30 kilomètres de la côte et à 6 kilomètres du village. Ici pas besoin d'être alpiniste pour en voir le pied. Monter dessus demande des crampons et un matériel adapté et un guide, mais accéder aux barrières, à quelques centaines de mètres du pied du glacier, est accessible à n'importe quel touriste capable de marcher sur un sentier de cailloux. 

          En cours de route je demande la direction de View Point (« prononcer Viou Poignt »). Un adolescent au volant d'un 4x4 me montre la direction en ajoutant que « c'est bientôt ». Il est assez jeune pour conduire un véhicule, surtout qu'obtenir le permis de conduire en Nouvelle Zélande est assez laborieux et long. Enfin il travaille dans une ferme qui borde la route. 
Un peu plus loin, je demande à nouveau là distance avant le point de vue. Une jeune adolescente m'indique le chemin. Je n'en suis plus très loin. Je continue de longer la route, bordée de prés avec des vaches, des moutons ou des cerfs. Un quart d'heure après la demoiselle qui travaille elle aussi avec ces élevages, passe avec son quad et me propose de m'emmener. C'est aimable! Quelques tours de roues plus tard me voici arrivé à View Point. 
La vue sur les montagnes environnantes est superbe. Les prés en avant plan, une barrière de sapins et au fond les Alpes du Sud qui resplendissent sous le soleil. Les nuages font déjà leur arrivée, notamment sur les sommets. Ça ajoute une esthétique sur les monts enneigés. Sur le chemin du retour les nuages reviennent vite. J'ai mangé au restaurant de Matheson entre 14 et 15 heures et au cours de mon déjeuner les montagnes n'étaient plus visibles. J'ai bien fait d'y aller le matin.  

         Après le déjeuner je suis retourné au point de vue de la veille en espérant que le ciel serait plus dégagé pour montrer plus du glacier. Ce fut aussi nuageux que la veille et aussi bouché. La pluie fut même plus intense sur le retour. Ça ne me gênait plus, j'avais ma photo de Matheson et la vue du glacier fut plus découverte que celle du mois de Février. 




Fox Glacier et Matheson prise deux on tourne
Par siger
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Lundi 20 juillet 2009
         En ce 16 juillet me voici parti pour Greymouth et la côte Ouest. Pour y aller depuis la côte Est il faut passer par Greymouth. S'offre alors deux options : le bus ou le Tranzalpine (ligne ferroviaire qui traverse les plaines du Canterbury et les Alpes du Sud). Si vous vous souvenez j'ai déjà emprunté cette ligne en décembre dernier (« ah le temps passe vite, ça ne nous rajeunit pas ma bonne dame ! ») et j'avais conclu en disant : « c'est beau mais ça doit être aussi très joli en hiver ». L'option ferroviaire était mieux pour les vues offertes bien qu'un peu plus cher que le bus. C'est donc avec entrain que je choisis cette voie. Il est 7 heures 20 du matin et j'attends devant le backpacker la navette qui passe me chercher au backpacker et me transporte gratuitement à la gare. Il ne fat pas chaud à attendre sur le trottoir. La navette est pleine et c'est une fois arrivé que le véhicule à la gare déleste (le jeu de mot était plus fort que moi !). A l'enregistrement au compteur je demande à être placé le plus près possible de la voiture d'observation. L'homme me répond que j'en suis loin pour le moment mais qu'en demandant au chef de bord ça doit pouvoir s'arranger. L'homme en charge du train m'arrange ensuite ça et je suis alors juste avant la plateforme d'observation. Ici le système des réservations est assez simplifié et le papier est encore bien présent. 

          La première chose que j'ai décidé c'est qu'en effet je prendrais des photos depuis la plateforme puisque c'était la raison pour laquelle je prends le train (peut on parler dans ce cas de raison loco-émotive ?). Mais il fait quand même froid et je n'y passerais pas tout mon temps. Au final j' ai fait plus de photos que l'hiver dernier où j'ai passé tout le trajet sur ce wagon d'observation. L'hiver fut ici vainqueur 138 photos après tri à 116 l'été dernier. La neige n'est pas abondante mais le sol est malgré tout recouvert d'une couche neige assez agréable. 

         Je connais également le trajet et je sais à quel endroit il est intéressant d'allumer l'appareil. J'ai loupé le grand rassemblement lors des premiers moments en montagne Car occupé à enfiler mes deux sweat-shirts. Cela dit j'ai, à mon habitude, filé sur le côté opposé des masses grouillantes et numérisantes, toutes à s'entasser dans une promiscuité oppressante pour une image. Par expérience j'ai pris une place et l'ai gardée pour éviter de me la faire prendre. De toute façon le troupeau va rapidement se désagréger avec le froid. Une sélection naturelle se fera par le froid. Il faut dire que je m'attarde parfois sur des détails (lumières, textures, ...) alors que les autres personnes recherchent du spectaculaire. Il cherchent du paysage à couper le souffle alors que moi je ferme le diaphragme ... de l'appareil ! 

         Le syndrome du poteau électrique est toujours là mais j'ai appris à l'anticiper un peu. Je rappelle à ceux qui n'auraient pas appris leurs cours de physique ferroviaire le théorème du poteau électrique : « Tout corps plongé dans un train plus ou moins rapide, avec un appareil photo, verra un poteau électrique noté P, sur sa photo notée p quelque soit sont anticipation et son refus du support électrique ». Certains tragédistes grecs auraient ajouté que le destin du touriste est écrit et que plus ce dernier s'acharnera à l'éviter et plus le poteau apparaitra. Il faut ajouter à ça que les lignes électrique qui bordent la voie sont toujours aussi basses et font toujours tâche sur les photos. On voudrait les dé-tâcher ou que les câbles filent. 
Par moments le brouillard donne un côté mystérieux et irréel aux paysages. Le temps s'est malgré tout maintenu et nous avons évité un ciel bouché qui aurait coupé toute vue. Une fois les Alpes du Sud la température devient moins froide. Assez étonnant quand on sait que la côte Ouest reçoit environ 10 mètres de précipitations par an alors que la côte Est en reçoit environ 60 centimètres. Déjà l'altitude diminue donc la température augmente en ensuite la météo change si vite en Nouvelle Zélande du fait de la proximité entre la mer et la montagne. 

         Dans le train les commentaires nous parlent de cette ville qui s'est, comme partout sur la côte Ouest, développée avec la Ruée vers l'or et qui aujourd'hui continue avec un minéral moins prestigieux mais plus utile : le charbon. Je vous renvoie à l'article de décembre dernier sur ce point. 

         A mon arrivée un employé du backpacker où j'ai réservé m'attend pour m'y conduire. Là bas ils ont à prix réduits des pâtisseries qui sont offertes gratuitement aux occupants de l'auberge. Là encore un plus qui marche et attire. A l'arrivée sur Greymouth il fait beau et c'est l'occasion d'une ballade en bord de mer. Le lieu m'est également recommandé pour le coucher de soleil qui selon les locaux est le meilleur de Nouvelle Zélande. Je confirme que je l'ai apprécié et c'est peut être un des mieux que j'ai vu. Vous me donnerez votre avis au vu des images. 



Tranzalpine hiver


Greymouth hiver 2009
Par siger
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Lundi 20 juillet 2009
         Le 2 Juillet fut le grand retour vers l'île du Sud où il me reste quelques lieux à visiter. Cette fois-ci j'ai choisi BlueBridge (« Pont Bleu » en français) l'autre compagnie de Ferry pour faire la traversée. C'est sûrement une déformation professionnelle qui me pousse à essayer tous les acteurs touristiques. C'est peut être aussi pour ça que j'ai essayé tous les backpackers du centre ville de Christchurch. Cette compagnie est plus faite pour le fret, mais offre aussi un service passager. Le service est moins développé que sur l'Interislander mais reste néanmoins correct et satisfaisant. Disons que la principale différence que j'ai trouvé est que l'Interislander est plus pratique pour prendre des photos depuis l'arrière du bateau, alors que Bluebridge est mieux pour des images depuis l'avant (chose rare sur un ferry). C'est assez pratique à l'arrivée des les Marlborough Sounds. En ce qui concerne les prix je ne peux pas comparer étant donné que la dernière fois que j'ai fait la traversée j'étais en période estivale et que là je suis en tarif hivernal. Les deux compagnies doivent sûrement se valoir sur ce point. 

         Cette fois ci j'étais moins fatigué et au cours de la traversée j'étais réveillé au milieu de Détroit. J'ai donc pu voir ce moment auquel je trouve une certaine magie et où on peut voir l'île du Sud et celle du Nord en même temps. Ce fut l'occasion de voir les éoliennes qui alimentent en électricité une ville comme Wellington. Les nuages offraient ce jour là des formes et textures sympa notamment à l'entrée sur les Sounds. De belles photos en perspective !

          Arrivé à Christchurch, je découvre un backpacker que je ne connais pas encore en centre ville. Je me rends compte que j'aurais connu cette ville à toutes les saisons vu que je suis arrivé en décembre dernier. C'est l'avantage d'être là un an. Pour tout vous avouer je suis ici pour attendre un virement bancaire pour continuer de voyager sur l'île du Sud. Alors que celui-ci devrait être arrivé vu les précautions prises pour l'accélérer, il n'est toujours pas là. Pour n'importe quel pays il faut 3 jours pour envoyer de l'argent par virement bancaire vers la Nouvelle Zélande. Pour la France ça prend une semaine, deux ou peut être plus en fait, personne ne connait le délai. C'est un peu comme une enquête en Corse, personne n'a rien vu et donc personne ne sait où se trouve le virement. Des fois je me dis qu'envoyer l'argent par courrier aurait été plus rapide. En attendant j'améliore mon anglais à la bibliothèque, je suis retourné à Akaroa avec un français rencontré au backpacker (j'ai alors vu la ville sans nuage et sans pluie), je me repose, ... J'en profite pour faire des images de Christchurch de nui. Parfois c'est dur parce que le soir la température descend vite. Si l'appareil a une stabilisation mes doigts n'en ont pas ! Parfois les gens ont dû me prendre pour un fou. Comme cette fois où sur la place de la cathédrale (place centrale de la ville) ils ont vu un barbu à genoux devant une mare. Si certains ont sûrement pensé que je faisais ma cinquième prière du jour je ne faisais que prendre une photo de la cathédrale et son reflet ! 

            Une chose assez étonnante que j'ai vu ici mais aussi à Wellington est la réaction à propos de la grippe H5N1. Certains magasins, pharmacies ou la bibliothèque affichent un panneau écrit « si vous avez ces symptômes n'entrez pas ». Certains supermarchés ou magasins proposent un désinfectant pour mains à l'entrée. Rien d 'étonnant vu déjà l'attention portée par les douanes sur tout objet qui entrent dans le pays. Il y a dans le pays des espèces animales et végétales uniques au monde et vu que le pays est formé d'îles ils sont très vigilants voire paranoïaques.

          Le 13 Juillet le virement arrive enfin et si quelques jours après on aurait pu qualifier ça de révolutionnaire je suis à la fois amusé et révolté de voir que les cartes postales des Fidji envoyées après sont arrivées avant. Comme disait le slogan « Pour une nouvelle c'est une bonne nouvelle ! ». Je confirme que c'est exactement ça quand j'ai reçu l'argent. 



La Grande Traversée
Par siger
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Mardi 7 juillet 2009

       Le 19 juin me voici parti des Fidji. 8 heures 45 l’avion décolle . Cette fois-ci c’est de jour et le moment où l’avion tourne offre une vue générale de Viti Levu de toute beauté. L’arrivée sur la Nouvelle Zélande est elle aussi très jolie et j’arrive par le Nord. Je n’ai pas crié "Terre en vue !" au moment où j’ai aperçu les premiers reliefs de la Nouvelle Zélande mais j’aurais pu. J’arrive à Auckland. Je suis toujours en T shirt dans l’aéroport mais j’ai remis le sweat quand même dans l’après-midi. Je dois attendre 8 heures avant de prendre mon avion du soir pour Wellington. A mon arrivée les douaniers font des contrôles inopinés quelques minutes après notre sortie de l’avion.

 Un douanier fait de même avec moi. Il commence à me poser plein de questions : Combien de temps êtes vous resté aux Fidji ? Qu’avez vous visité ? Êtes vous allé sur les îles ? Avez vous rapporté du Kava ? Avez vous aimé ? Quelles îles avez vous visité ? Avez vous un visa pour la Nouvelle Zélande ? Combien de temps restez vous ? ...


         Au fur et à mesure que je réponds il en trouve d’autres. Eh oui, bien que représentant une autorité ces messieurs et dames savent faire preuve de créativité ! "Ah et vous avez travaillé où en Nouvelle Zélande ?". Il me demande à voir mon billet de retour de Nouvelle Zélande, ... Après ces 5 minutes de conversation avec ce nouvel ami Néo Zélandais je repars. Simple vérification mais l’inévitable question vient dans ma tête : Mais pourquoi moi ? En y repensant c’est qu’être bronzé et barbu ça doit être suspect ! Le parcours se poursuit sans autre problèmes. J’en profite pour prendre une photo du portique maori qui constitue l’entrée dans l’aéroport lui même. D’ailleurs faire le trajet dans l’aéroport d’Auckland ça me rappelle septembre dernier quand je suis arrivé pour la première fois en Nouvelle Zélande. Ça fait presque un an déjà ! Que de changements depuis d’ailleurs.


         A l’arrivée aux contrôles douaniers, je repense que j’ai bien tout déclaré mais que mes chaussures de randonnée sont bonnes pour rester dans l’aéroport vu qu’il y a encore du sable dessus et qu’elles sentent fort après un passage dans l’eau de mer. La douanière me demande alors de les montrer et je précise tout de suite après ouverture du sac que c’est du sable de Nouvelle Zélande, plus exactement du Parc national d’Abel Tasman en mai dernier . J’aurais presque pu donner le nom de la plage. La douanière me répond alors d’un ton aussi froid que l’hiver Néo Zélandais et avec un sourire sûrement en importation limitée chez les douanes kiwi :" C’est bon allez aux rayons X !". Les rayons X passés pour les bagages et me voici sorti. L’aéroport des vols domestiques est à 5 minutes de là. Vu que j’ai mon bagage avec moi je reste à l’aéroport. D’une part je connais bien Auckland après le temps que j’y ai passé et ensuite je n’ai rien à y faire, d’autant plus encombré avec mon bagage. Le vol du soir à destination de la capitale se fera sans encombres. A l’arrivée à Wellington, il fait froid et il vente, avec un peu de pluie. Des fois j’ai cette impression que Wellington est une ville de l'île du Sud sur l’île du Nord. Je rappelle que l’île du Sud est plus froide que celle du Nord. D’ailleurs cette idée ne me rassure pas vu comme il fait froid ici. Il doit faire à peu près entre 5 et 10 degrés, mais on a un ressenti plus froid vu le vent. Je me rendrais compte que le lendemain que j’ai quand même perdu 20 degrés en un jour en passant des 30 degrés de Nadi aux 10° de Wellington. Tout ça dans le même hémisphère avec 4 heures d’avion d’écart.


           Le lendemain c’est le grand jour, ou plutôt le grand soir. Rien de révolutionnaire dans ce grand soir, quoique les Kiwis attendent leur victoire. Je vais voir avec une amie le match de rugby France - Nouvelle Zélande. Tout ça a commencé au festival de la moule à Havelock en mars. Depuis mon arrivée en Nouvelle Zélande je voulais voir un match de rugby pour l’ambiance, vu que je suis dans un pays de rugby. J’ai appris ce jour là à Havelock en discutant qu’il y avait le 20 juin un match France Nouvelle Zélande. Je me devais de le voir. C’était aussi l’occasion d’une dernière visite sur l’île du Nord et notamment pour y voir une amie avant de partir.


           Je rappelle que la France a gagné un match contre la Nouvelle Zélande en coupe du Monde en 1999 et en 2007. Le match aller a eu lieu à Dunedin et malgré de nombreux rebondissements la France a gagné 27 à 22. Autant dire que les kiwis sont remontés. Les journaux en parlent. J’ai été surpris de voir une compagnie de taxis afficher sur le toit des véhicules un drapeau français et un drapeau des All Blacks. Certains cafés affichent des drapeaux tricolores. Il y a bien sûr les restaurants et cafés français mais des cafés Kiwis. Un a même découpé une ribambelles de papier en forme de kiwis (l’oiseau) aux couleurs de la France.


          Le match commence à 19 heures 30 mais les portes ouvrent à 17 heures. Ce jour là il pleut légèrement et à l'ouverture des portes nous rentrons pour être à l’abri. La surprise est qu’il n’y a pas de contrôles comme en Europe. Nous scannons notre ticket dans le tourniquet et un agent de sécurité nous regarde passer. Nous sommes en places découvertes,et juste à la limite du toit. Pendant le match en théorie, la pluie s’arrêtait juste à nos pieds. Seulement voilà, le vent faisait tourner la pluie et nous avons fini un peu humides. J’avais été prévenu que le stade pouvait être froid et que le vent y pénètre facilement et j’étais habillé en conséquence avec deux sweat shirts. Je n’avais pas de veste d’hiver donc j’ai eu un peu froid. Mes chaussures datent d'octobre dernier mais elles ne sont pas solides et n’ont même pas durée un an ni même résisté à mes pas et sont percées à la semelle. J’avais donc les pieds trempés.


          Un peu avant le match les joueurs s’échauffent sur la pelouse. Les français sont les premiers puis les Néo Zélandais arrivent. Vu que c’est l’été en Europe et l’hiver ici on pourrait dire que les français ont effectivement besoin de s’échauffer ou plutôt de se chauffer parce que là ils doivent avoir froid. Ils ont dû avoir froid aussi à Dunedin mais je ne crois pas qu’ils aient eu de la pluie. Les écrans géant du stade font évidemment un gros plan sur le célèbre Chabal.

Un petit coup d'œil autour de moi et je me rends compte que je suis le seul supporter français au milieu des supporters Néo Zélandais. Il y a bien des supporters tricolores dans le virage un peu plus loin, dans l’autre virage aussi, mais autour de moi que des kiwis. Nous sommes sur le côtés c’est pratique on a une belle vue. J’en profite pour préciser au passage que le stade Westpac est le stade où s’entraînent les Blacks. Les supporters français sont d’ailleurs ceux qu’on entend déjà le plus. Ils seront d’ailleurs les plus actifs pendant le mach avec les banderoles, les cris, ...


            Peu avant le lancement du match la composition des équipes est annoncée. C’est d’ailleurs assez drôle d’entendre les noms français prononcés avec l’accent anglais. Julien Dupuis devient ainsi "Djoulieng Douppoui". Deux groupes arrivent ensuite en portant les drapeaux des deux pays. Ils restent ainsi plantés sur le terrain à porter l’étendard pendant un moment.

Un groupe vient alors chanter sur scène. Ils est suivi par un groupe de french cancan. C’est qu’avec ce froid elles ne doivent pas avoir chaud. Des hommes et femmes habillés tout en bleu et noir arrivent alors en portant de grand panneaux carrés noir et blancs.

Une chanteuse vient elle aussi montrer ses talents vocaux. Entourée par ses danseurs, elle chante sur la scène vêtue d’une robe aussi courte que les journées en Nouvelle Zélande. Son spectacle se finit par un petit feu d’artifice. Les groupes de panneaux se regroupent et chacun d’un côté ils forment "All Blacks" ou "FFR", pour Fédération Française de Rugby.

Peu de temps après l’ hymne de l’équipe de France un français a lâché sur la pelouse un coq peint en bleu, blanc et rouge. J’apprendrais qu’il a fait de même à la fin du match. Il l’avait acheté le matin même et il fut interviewé par au moins 6 journalistes. Le coq se met alors à se déplacer sur le terrain avec un air un peu fier. Un homme essaye alors de l'attraper. C’est que la bête désormais naturalisée française le temps d’un match ne se laisse pas faire. Il est gaulois et grade l’esprit rebelle. Il est en plus devenu l’attraction du stade et il se fait remarquer en volant au dessus de la barrière qui sépare le terrain de l’espace des journalistes et arbitres. Tout le monde en rit et il faudra tout de même 10 minutes avant de le stopper.

L’arbitre est Sud Africain. L' Afrique du Sud est avec l’Australie les deux rivaux de la Nouvelle Zélande en rugby.


           Arrive ensuite le fameux moment du haka. Cette danse de guerre maori fut reprise par l'équipe nationale de rugby et est désormais célèbre. L’avantage de voir un match des All Blacks est justement que c’est la seule occasion de le voir. L’équipe se regroupe en 4 lignes tout de suite après la fin de leur hymne. Le premier cri est alors poussé et un silence envahit alors le stade. Les paroles du chant sont alors criées elles aussi. Je dis crié parce que c’est un chant mais qu’il est dit fortement et vu que c’est un chant de guerre destiné à terroriser l’ennemi il est plus crié que chanté. Contrairement au match de la dernière coupe du monde ils sont restés à distance de l’équipe de France. Il existe d’ailleurs plusieurs versions du haka, plus ou moins agressives. Un feu d’artifice jaillit alors du stade. Le match est lancé peu de temps après. Il pleut toujours et il vente fort. Ça n’arrêtera d’ailleurs pas durant tout le match. Les supporters français commencent alors à encourager et malgré mon isolement au milieu des kiwis je crie aussi. Un homme derrière moi commence lui aussi à scander "Allez les bleu". Il me précise qu’il est kiwi mais a joué au rugby en France et il est pour les deux équipes, même si son cœur penche plus pour la Nouvelle Zélande. Derrière moi et autour les supporter kiwi boivent de la bière fraiche et ils en ont consommé en bonne quantité pendant tout le match. Ça n’est pas qu’ils consomment de la bière en grande quantité qui me surprend, mais plutôt qu’ils boivent de la bière fraîche en hiver par un tel froid. Un thé me fait plus envie qu’une bière fraîche. D’ailleurs une différence avec l’Europe est qu’il est possible ici d'acheter de ma bière en bouteille en verre. Amener sa bière depuis l’extérieur n’est pas autorisé mais en France tout objet en verre est interdit vu que ça peut être un projectile et les bouchons sont systématiquement enlevés des bouteilles. Je compare à un match de football mais ça montre aussi la différence entre l’Europe et le bout du monde.


            Durant le match l’équipe de France joue bien malgré la domination des Néo Zélandais. Le stade vibre au rythme du match et tout le monde se lève quand l’essai est proche. L'ambiance reste bon enfant et à la plaisanterie malgré l’enjeu. Si le match n’est qu’un match amical les Kiwis veulent sauver l’honneur et enfin battre la France. Je supporte la France mais je suis surtout ici pour apprécier l’ambiance. Le kiwi qui a joué en France me glisse régulièrement dans l’oreille "t'inquiètes pas ils vont se rattraper !" ou "c’était pas loin !" ...

En début de match un joueur Néo Zélandais attrape la balle mais elle lui échappe des mains et sort du terrain. Derrière moi le groupe de supporter crie alors "C’est un aucklandais".

Pour comprendre la blague il faut savoir que Auckland est la plus grande ville de Nouvelle Zélande et les habitants sont mal perçus. Dire "Il vient d’Auckland" c’est un comme en France dire "C’est un parisien !". Ici il y a d’ailleurs l’expression JAFA pour les désigner. Elle signifie "Just an other fucking aucklander", ou en français "Juste un autre putain d’aucklandais". Excusez d’avance cette impolitesse je ne fais que traduire !


             Le match s’est terminé avec un score de 14 à 10 pour la Nouvelle Zélande mais dans une ambiance super et sans violence comme il peut y avoir en Europe lors de certains match de football (mais pas en rugby). Au cours du match il y a aussi eu une dame qui s’est mise à courir sur le terrain. Un agent de sécurité s’est alors jeté sur elle. Ce fut sans doute le plus beau plaquage du match. Quelques jours après dans les journaux certains en parlaient encore en se demandant s’il n’y était pas allé un peu trop fort.

La soirée se terminera avec mon amie dans un restaurant marocain où nous avons la surprise d’avoir une danseuse du ventre qui est venue pour un groupe. Quelle surprise ! Rien de prémédité là dedans.


           Les jours suivants me permettent d’écrire les articles sur les Fidji, vu que je n’ai rien écrit sur place. J’ai d’ailleurs un peu de mal à me motiver pour tous les écrire et j’ai donc pris mon temps pour les écrire. Le soir je profite de l’hiver pour me balader et prendre des photos de la ville de nuit. Wellington a en effet cette particularité d’avoir un port en forme du U et un front de mer qui en épouse la forme. Il est donc facile de prendre des photos du port sans aller sur un bateau.



Rugby France Nouvelle Zelande


Wellington de nuit
Par siger
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