Au moment où je sors du backpacker pour prendre le bus pour l'aéroport un magnifique lever de soleil illumine le ciel. Le vol jusqu'à Singapour se passe sans problèmes. Je dors toujours aussi peu. Je suis cette fois-ci côté couloir, et je peux donc me balader librement sans déranger. J'ai passé du temps à observer par le hublot, et la majorité du trajet fut au dessus de l'Australie. On regardait mais il n'y a rien à voir. On ne voyait que des paysages désertiques. On plaisantait en disant aux autres passagers : « Ne regardez pas il n'y a rien à voir ! ». Ce fut quand même drôle de voir en plein désert un virage sur la route. Un moment sympathique aussi fut le moment où nous avons vu la fin de l'Australie.
A l'arrivée à Singapour on sent là la chaleur humide et étouffante qui entre dès la sortie de l'avion. Cette fois-ci je sais ce que c'est et je suis moins surpris que la première fois, mais quand même je sens la différence. Arrivé aux environs de 17 heures 30 à Singapour, je dois attendre 23 heures 30 pour repartir dans l'avion pour Paris. C'est heure locale évidemment, mais ça fait déjà un moment que je suis perdu dans les fuseaux horaires. Je n'ai quand même pas passé 22 heures à essayer de m'y retrouver !
Me voici donc parti à visiter la ville. Enfin visiter est un bien grand mot. Il s'agit surtout de marcher en ville, sentir l'atmosphère, voir un peu à quoi ça ressemble et revenir. Le bureau d'informations touristiques me confirme que j'ai le temps de me balader. Il existe différents moyens de se rendre en ville : bus, tramway, taxi ou train. J'ai pris le train qui est le plus rapide et permet malgré tout de voir du pays. Et mon bagage au fait !? Je vous rassure il est automatiquement transféré vers l'autre avion.
Me voici dans le train. Un passage au bureau de change et chaque dollars Néo Zélandais est échangé contre 98 centimes de Dollars Singapourien. Le train tout comme l'aéroport est très propre. J'avais déjà remarqué lors de ma venue en Nouvelle Zélande. Le train (enfin métro plutôt) circule sur un réseau de 4 lignes. Le plan est donc très simple et clair, surtout si je compare à celui de Paris. Je suis aux heures de pointe et il y a du monde. La première impression est qu'on se sent en sécurité, et sans stress ou agitation. La chaleur reste étouffante. Au travers des vitres les paysages sont très verts et on voit des tours côtoyer des maisons et des résidences.
Environ 30 minutes plus tard me voici arrivé au centre ville. Le ciel est gris et la pluie semble imminente. Au bureau d'informations touristiques une zone m'a été conseillée pour découvrir la ville. Tout comme Zeus avait l'éclair, le touriste a le plan de ville comme attribut. Doté du « précieux » me voici parti pour la découverte. Je commence donc à marcher dans la rue et environ 500 mètres plus loin un homme sort d'un hôtel et commence à discuter. Habillé d'une chemise blanche et d'un pantalon de costume, l'homme de type indien marche à mes côtés et nous engageons la conversation et il commence à me faire découvrir le quartier.
Quand je lui dis que je suis de France, il me dit :
« Ah Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Marseille, ... ».
«Tu connais la France ? » lui demandais je.
« Non je suis juste le championnat de football ! » me répond il.
Il commence alors à me parler du Grand Prix de Formule 1 qui va bientôt avoir lieu en ville. Nous passons d'ailleurs parfois devant des structures qui vont servir. On voit au loin le centre ville avec ses grandes tours. Nous passons devant le Raffles Hotel, un des hôtels de luxe de la ville. Il m'explique que beaucoup de choses sont ici moins chères qu'en Europe. De nombreux hommes d'affaires ou touristes profitent de leur passage dans cette ancienne ville de Malaisie pour se faire tailler un costume sur mesure. La technologie est aussi un peu moins chère. Les produits qui sortent au Japon arrivent ensuite en général à Singapour puis dans le reste du monde, m'explique -t- il. Il me confirme que les rues sont propres et sûres. Nous continuons au milieu des tours, dont certaines avec des formes pointues et des arrêtes affûtées. Une d'elles est d'ailleurs surnommée le diamant. Juste derrière nous il y a une grande tour à l'architecture plus élaborée et travaillée. Prévue au départ pour être un hôtel de luxe, elle finit par être pour l'ambassade des Émirats Arabes Unis qui occupent la moitié du bâtiment. Il est environ 19 heures et nous nous dirigeons vers une ruelle de petits restaurants. Mon guide a déjà mangé à son travail et moi la faim n'est est même pas au début. De tout façon j'ai mangé dans l'avion précèdent et je mangerais dans le prochain. Au bout de la rue une mosquée dont la coupole ressort bien avec le ciel gris et nuageux. J'apprends d'ailleurs par mon guide que le Ramadan commence bientôt.
Nous continuons la visite par un parc, qui fut l'emplacement de la résidence de la famille royale de Singapour. Aujourd'hui il n'y a plus de roi et la résidence a disparu, mais une maquette reconstitue le bâtiment. Nous revenons vers l'ambassade des Émirats Arabes Unis et il m'explique que Singapour est très cosmopolite et que les communautés s'entendent très bien. Dans le quartier que nous traversons par exemple les gens ne boivent pas dans la rue ni en public puisque les musulmans font bientôt Ramadan et que la Moquée est à côté. Nous en profitons pour entrer dans la tour de l'ambassade. L'intérieur est luxueux. Je prends quelques photos quand un serveur du restaurant du rez de chaussée me dit que c'est interdit. Appréciez donc vu que les images publiées sont iinterdites. Nous faisons ensuite une halte au restaurant pour manger. Son frère nous rejoint entre temps. Il est d'ailleurs cuisinier non loin de là.
Au cours du repas il m'explique que si une personne dort ivre sur une table, la police l'emmènera au poste, l'installera dans une pièce pour dormir et il pourra ressortir le lendemain sans avoir été inquiété par la police ou même agressé dans la rue. Un bel exemple de bienveillance.
Nous reprenons notre marche dans la ville, et après avoir traversé de nombreux souterrains, ruelles et bâtiments nous débouchons sur le fleuve de Singapour. Mon guide me montre plusieurs caméras de vidéo surveillance et me dit : « Ici tu as peu de risques de te faire attaquer, même en pleine nuit, c'est pourquoi on a toujours du monde dans les rues. A Londres, ils ont plein de caméras, comme ici, mais ils ont plus de risques de se faire attaquer ! ».
Un concert de musique classique a lieu dans le bâtiment et nous arrivons à nouveau sur la chaleur extérieure. Là nous traversons un pont sur lequel une bonne douzaine de trépieds photographiques capturent un paysage assez joli. Sur notre droite, le pont reçoit déjà des installations pour le Grand Prix de Formule 1, alors que le trafic reste dense sur le pont. D'ailleurs là bas ils roulent aussi à gauche, donc il n'y a pas de bouleversement sur ce point. Sur notre gauche, un grand bassin face aux gradins qui a servi aux festivités des 40 ans de Singapour qui ont eu lieu récemment. Derrière nous le centre de congrès brille lui aussi de mille feux. Sous nos pieds, des bateaux organisent des visites sur le fleuve.
En avançant sur le pont nous nous rapprochons de la façade du Fullerton Hotel, un hôtel 7 étoiles construit dans l'ancien bâtiment des Postes. Ne vous laissez pas impressionner par les étoiles parce que dans la galaxie hôtelière les astres affichés ne sont pas standards et un 7 étoiles quelque part peut être un 4 étoiles en France par exemple. Cela dit c'est un palace quand même qui se dresse sous nos yeux.
Nous descendons un escalier avant d'arriver au Merlion, une grande statue à tête de lion qui crache de l'eau. Le lion est d'ailleurs l'emblème de la ville. Cette place est un monument célèbre et de nombreux touristes sont présents autour. Derrière se dressent les tours du centre ville. Notre visite se termine au milieu de grandes tours au milieu desquelles on se sent petit. Cette ballade fut sympathique et m'a permis de sentir l'atmosphère de la ville. Je m'y sens bien et question sécurité, mon séjour fut trop court mais il n'y a là aucune angoisse sur ce point. La ville a beaucoup de végétation et c'est très agréable et un peu relaxant. Le côté cosmopolite est aussi très agréable surtout que la cohabitation entre les communautés se fait sans problèmes.
De retour à l'aéroport de Singapour, une heure avant l'embarquement pour l'avion en direction de Paris, un message sonore annonce « le problème est bientôt réglé, enfin les ingénieurs finissent les contrôles de sécurité ». En fait chacun comprend ce qu'il veut dans le message, selon qu'il est optimiste ou pessimiste. J'ai choisi un compromis en me disant qu'ils finissent surement de resserrer les boulons. Finalement nous sommes partis avec une heure de retard mais l'arrivée s'est faite avec 3 minutes d'avance. Cette fois ci j'ai regardé plus de films qu'à l'aller parce que j'en ai regardé 3 complets. Un d'eux (Billu Barber) m' a beaucoup plu et presque fait pleurer (c'est dire !). Pour ceux qui comprennent l'anglais je le recommande (voire ceux qui comprennent l'hindi qui sait!).
Ce billet se termine tout comme le vol et il a la particularité d'avoir été écrit depuis la France. Le blog se clôt ainsi comme il a commencé, c'est à dire avec un article écrit depuis l'Hexagone. La principale difficulté à mon retour en France fut de se réhabituer à parler en français mais surtout (j'ai encore le problème quelques semaine après le retour) la circulation à droite. Je regarde comme en Nouvelle Zélande pour traverser la rue. Pendant une année je me suis persuadé que c'était l'opposé de l'Europe alors c'est dur à quitter. La chaleur estivale européenne est dure à supporter.
Je tiens à vous remercier pour votre intérêt pour ce blog auquel j'ai d'ailleurs pris du plaisir.
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